Le Conclave pour élire le nouveau pape pourrait être avancé

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Publié le 16 février 2013.

VATICAN - Il pourrait commencer le 15 mars...

Le Conclave qui élira le successeur du pape Benoît XVI pourrait commencer avant le 15 mars, a indiqué ce samedi le Vatican, alors que les spéculations vont bon train sur les qualités requises et la provenance du futur chef d'une Eglise d'un milliard de fidèles.

>> Voir notre diaporama des successeurs potentiels à Benoît XVI par là

La Constitution apostolique prévoit le début du Conclave 15 à 20 jours après le début de la période dite de «siège vacant» («sede vacante», en latin), a rappelé le porte-parole du Vatican ce samedi devant la presse. Mais «cette fois, la situation est différente, et la Constitution était pensée en cas de mort du Saint Père», a expliqué le porte-parole, le père Federico Lombardi.

Mieux se préparer à la fête de Pâques

Le délai de 15/20 jours est prévu pour laisser le temps aux cardinaux électeurs (jusqu'à 80 ans) de se rendre à Rome. «Dans l'éventualité où ils seraient tous arrivés, il n'y aurait plus à attendre», a ajouté le père Lombardi. «Plusieurs cardinaux ont posé la question» d'une anticipation du Conclave, a souligné le porte-parole, en relevant qu'une clause de la Constitution vaticane le permet en cas d'accord au sein du collège des cardinaux.

Le Conclave rassemblera les 117 cardinaux électeurs qui se réuniront dans le plus grand secret dans la Chapelle Sixtine pendant tout le temps nécessaire jusqu'à l'obtention d'une majorité des deux tiers. L'élection d'un nouveau pape est traditionnellement signalée par une fumée blanche s'élevant au-dessus du Vatican. Avancer le Conclave permettrait au nouvel élu de mieux se préparer à la fête de Pâques, très importante pour le 1,2 milliard de catholiques.

De l'avis des vaticanistes, le pape idéal pour succéder à Joseph Ratzinger, théologien allemand, fin mais peu communicatif, doit être un «bon pasteur», capable de s'adresser plus simplement aux catholiques mais aussi à l'ensemble du monde moderne.

«L'Europe a encore beaucoup à donner à l'Eglise»

Mais, même si la majorité des catholiques vit désormais en Asie, Afrique et Amérique latine, il ne faut pas exclure a priori les candidats européens, a estimé samedi dans le journal La Stampa le cardinal italien Velasio De Paolis.

«Le Conclave votera sur la base d'une personne, pas (sur la base de l'endroit) d'où elle vient. Malgré la crise de la foi, l'Europe a encore beaucoup à donner à l'Eglise», a-t-il dit. Selon plusieurs cardinaux, le Conclave pourrait se prolonger dans la durée tant est profonde la crise traversée par l'Eglise, entre chute des vocations religieuses, scandale des abus pédophiles et dissensions dans la Curie romaine.

Signe de ces tensions, le choix de l'industriel et baron allemand Ernst Von Freyberg pour prendre la tête de la Banque du Vatican, IOR, annoncé vendredi, «est le fruit d'un compromis amer», a affirmé le journal Messagero. Et c'est aussi, selon les experts, un camouflet pour le numéro deux du Vatican, Tarcisio Bertone, qui soutenait un autre candidat.

«Je suis quand même un vieil homme, la force s'épuise»

Certains médias ont expliqué la démission du pape par le climat délétère de l'affaire Vatileaks de fuite de documents secrets du Vatican, pour laquelle le majordome de Benoît XVI Paolo Gabriele a été condamné avant d'être gracié. Mais dans des confidences au journaliste allemand Peter Seewald datant de l'été dernier et citées samedi par l'hebdomadaire Focus, le pape nie que le scandale l'ait «plongé dans une sorte de désarroi ou de douleur du monde». «C'est juste incompréhensible pour moi», aurait-il ajouté.

Au journaliste, le pape aurait aussi avoué sa lassitude, estimant qu'il n'y avait «plus grand chose» à attendre de lui. «Je suis quand même un vieil homme, la force s'épuise. Je crois que ce que j'ai fait suffit», disait-il. La semaine prochaine, le pape n'a pas d'engagements officiels et se retirera pour des exercices spirituels. Sa dernière grande apparition publique sera l'audience générale exceptionnellement organisée Place Saint Pierre le 27 février.

Il partira le 28 février en hélicoptère dès 16h00 GMT pour la résidence d'été des papes à Castel Gandolfo, près de Rome. A 19h00 GMT, il ne sera plus pape. Il restera deux mois sur les collines romaines le temps que soit restauré le monastère au sein du Vatican où il s'installera «fin avril, début mai», selon le Vatican.

Avec AFP
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