Le drapeau de l'Union européenne, qui vient de se voir attribuer le prix Nobel de la Paix 2012.
Le drapeau de l'Union européenne, qui vient de se voir attribuer le prix Nobel de la Paix 2012. - SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Deux millions et demi d’euros. C’est la somme que le Parlement européen prévoirait de débourser pour financer des patrouilles de «trolls». D’après le Daily Telegraph, relayé cette semaine par le site français AgoraVox, des équipes de cyber-communicants financées par l'UE seront mises en place d’ici la fin du mois de février pour lutter contre les eurosceptiques qui s’expriment sur les réseaux sociaux. Une traque méthodique des conversations qui devra prouver son efficacité avant les élections européennes de juin 2014.

«Contrôle de l'opinion»

Le Daily Telegraph aurait eu accès à des propositions de dépenses confidentielles. D’après le journal anglo-saxon, le document évoque la mise en place d’«outils de contrôle de l’opinion publique». Objectif: «Identifier rapidement les débats à caractères politiques (…) dans les médias sociaux et les blogs, qui ont le potentiel d’attirer les médias et l’intérêt des citoyens.»

Une fois les lieux des conversations repérés, les «trolls» de l’Europe auront pour mission de les «surveiller», afin de décrypter les sujets les plus commentés, puis de les «influencer», «par exemple en fournissant des faits et des chiffres pour déconstruire les mythes».

«Corriger» les méprises

D’après le document, les communicants devront lutter contre l’idée que «l’Europe est le problème» en distillant l’idée selon laquelle la solution serait «plus d’Europe». D’après un document confidentiel daté de 2012 et cité par le Daily Telegraph, une «attention particulière» sera logiquement portée aux pays qui ont vu monter l’euroscepticisme. La France pourrait figurer en bonne place dans ce palmarès puisque, comme le rappelle AgoraVox, elle a rejeté à 55% le traité constitutionnel européen de 2005.

Un projet tenu secret qui n’a pas tardé à faire réagir. A commencer par le Daily Telegraph lui-même qui évoque une «propagande sans précédent».

Quatre jours après la parution de l’article, l’eurodéputé britannique de l'UK Independance Pary (UKIP), Nigel Farage, a estimé sur la chaîne Russia Today que l’UE ne valait pas mieux qu’une «république bananière», confirmant que «le Bureau du Parlement, c’est-à-dire l’organisation du Parlement européen qui décide de l’attribution des fonds, a décidé qu’ils allaient former du personnel en interne en vue des élections européennes de 2014, les former afin qu’ils aillent en ligne, sur Facebook, Twitter et d’autres réseaux sociaux, pour «corriger», c’est le terme qu’ils ont choisi, pas moi, pour «corriger» toute méprise pouvant exister au sujet de l’UE. Et je dois dire que le fait que ce soit un parlement qui fasse cela, utilisant l’argent du contribuable à ces fins, en dit long sur les institutions de l’UE».

Reste à savoir si ces «trolls» verront bien le jour. D'après le Daily Telegraph, plusieurs documents attestent de discussions à Bruxelles qui pointent certains problèmes dans ce plan de communication. Les élections européennes auront lieu les 5 et 8 juin 2014. 

Mots-clés :

  • Aucun mot-clé