Une marée humaine assiste aux obsèques de l'opposant Chokri Belaïd à Tunis le 8 février 2013 
Une marée humaine assiste aux obsèques de l'opposant Chokri Belaïd à Tunis le 8 février 2013  - Hassene Dridi/AP/SIPA

Aurélie Delmas avec agences

Le cortège a duré plusieurs heures et réuni des centaines de milliers de personnes, peut-être même 1.4 million d’après le ministère de l’Intérieur tunisien, ce vendredi. Elles sont venues rendre un dernier hommage à Chokri Belaïd. Une mobilisation record alors que la population égyptienne compte moins de 11 millions d’habitants.

 

Dès le milieu de la matinée, des milliers de personnes se sont rassemblées sous la pluie devant la dépouille de l’avocat de 49 ans, opposant anti-islamiste du régime, qui a été assassiné devant chez lui ce mercredi. Dans le défilé, la foule scandait des slogans contre le régime et le parti islamiste au pouvoir Ennahda: «Ghannouchi, assassin, criminel», «La Tunisie est libre, terrorisme dehors».

 

Tirs de gaz par la police

Plusieurs centaines de policiers en tenue anti-émeutes étaient déployés sur l'avenue Habib Bourguiba, dans le centre-ville, haut-lieu de la «révolution de jasmin» de janvier 2011.

En début d’après-midi, le cercueil a été transporté de la Maison de la culture vers le cimetière El-Jellaz. Des heurts ont alors éclaté, suscités  selon des témoins, par des casseurs à proximité du cimetière. Les forces de l’ordre ont réagi fermement par de nombreux tirs de gaz lacrymogènes et des arrestations autour et même dans le cimetière.

 

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A la suite de l’appel à la grève générale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), les commerces de Tunis étaient fermés et les vols en provenance et à destination de Tunis ont été supprimés.

De nombreuses manifestations étaient également organisées dans d’autres villes tunisiennes, notamment Gafsa où des violences ont également eu lieu. 

Le Premier ministre persiste dans son idée de gouvernement de techniciens

Le Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, a réitéré vendredi son intention de constituer un gouvernement de techniciens sans appartenance politique, après l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd, cela malgré l'opposition de sa formation islamiste, Ennahda. «J'insiste sur ma décision de former un gouvernement de techniciens», a-t-il dit la presse en ajoutant que cela ne nécessiterait pas de demander le feu vert de l'Assemblée nationale constituante. «Ce gouvernement est prêt», a-t-il ajouté sans donner de noms de futurs ministres. L'accord de l'assemblée constituante est à ses yeux inutile car il ne dissoudra pas le gouvernement mais remplacera la totalité de ses membres.

Ennahda, qui domine la coalition au pouvoir, a refusé dès jeudi la dissolution du gouvernement proposée par Hamadi Jebali. Les deux partenaires laïques de la coalition, le Congrès pour la république et Ettakatol, ont également contesté le projet de gouvernement d'experts en déclarant ne pas avoir été consultés au préalable.