L'entrée du camp des parachutistes du 33e régiment au Camp Djicoroni, le 2 mai 2012.
L'entrée du camp des parachutistes du 33e régiment au Camp Djicoroni, le 2 mai 2012. - H. KOUYATE / AFP

Avec Reuters

De violents échanges de tirs sur une base militaire de Bamako ont opposé vendredi l'armée malienne à des mutins issus d'une unité de parachutistes fidèles à l'ancien président Amadou Toumani Touré, déposé en mars 2012 par un coup d'Etat d'officiers subalternes. Cet incident survient alors que l'armée malienne, avec l'aide des forces françaises et africaines, tente de reconquérir l'intégralité du nord du Mali tombé à la suite du putsch de mars 2012 entre les mains de rebelles touaregs puis d'islamistes armés.

Contredisant la version donnée par des officiers maliens, des témoins de la fusillade affirment que c'est l'armée qui a ouvert le feu sur les familles des parachutistes de la base, faisant un nombre non précisé de morts ou de blessés.

Pris de panique, les habitants du quartier de Djicoroni-Para ont fui lorsque les premiers coups de feu ont retenti en provenance de la caserne militaire des parachutistes, située sur les rives du Niger, dans l'ouest de la capitale malienne. Des unités de l'armée malienne appuyées par des blindés ont encerclé la caserne, d'où s'élevait de la fumée. Cette fusillade a fait au moins un mort, selon les médias officiels.

Colère des habitants

D'après des officiers maliens, les «bérets rouges» fidèles à Amadou Toumani Touré protestent contre les tentatives de réaffectation de certains d'entre eux.

Ces combats entre militaires maliens suscitent la colère de nombreux habitants de Bamako, qui savouraient jusque-là dans la fierté et le soulagement les rapides progrès accomplis par les forces françaises et africaines face aux islamistes armés dans le nord du pays. «Je ne comprends pas comment, au moment où les forces françaises et africaines sont ici pour mener notre guerre à notre place (...) des soldats maliens, au lieu d'aller combattre au front, se battent pour une querelle stupide», dit Assa, une habitante de l'ouest de Bamako, en fuyant la fusillade. «C'est une véritable honte. Ça me donne envie de renoncer à ma nationalité malienne», a-t-elle ajouté.

Depuis le coup d'Etat de mars 2012, l'unité d'élite des «bérets rouges» a été marginalisée et certains de ses membres ont été arrêtés après une tentative de contre-coup d'Etat en mai. Les combats entre ces parachutistes et les forces du capitaine Amadou Sanogo, le chef des putschistes, avaient alors duré plusieurs jours et fait au moins 27 morts. «Le chef d'état-major avait pris des mesures disciplinaires contre certains parachutistes et certains d'entre eux n'étaient pas contents de la décision alors ils se sont levés ce matin et ont commencé à tirer», a dit un responsable du ministère malien de la Défense à Reuters. Des groupes de parachutistes ont manifesté régulièrement à Bamako pour demander d'être envoyés au front afin de participer à l'offensive contre les islamistes.