L'enterrement de Chokri Belaïd à Tunis, le 8 février 2013 
L'enterrement de Chokri Belaïd à Tunis, le 8 février 2013 

B.D. et A.D. avec agences

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  • La Tunisie risque de s'enfoncer un peu plus dans la crise politique ce vendredi, avec un appel à la grève générale et à des manifestations à l'occasion des funérailles de Chokri Belaïd, dirigeant influent de l'opposition assassiné mercredi.

    La mort de l'avocat de 49 ans, blessé par balles devant son domicile, a enflammé la rue tunisienne avec des milliers de personnes manifestant dans la capitale Tunis ainsi que dans plusieurs autres villes du pays. Pour tenter d'apaiser les tensions, le Premier ministre islamiste Hamdi Jebali a prononcé la dissolution du gouvernement et annoncé la constitution d'un cabinet de technocrates jusqu'à la tenue d'élections anticipées. Le parti Ennahda au pouvoir, dont Jebali est issu, a refusé cette mesure qui attend d'être approuvée par le parlement.

    Le désordre civil risque de s'accroître

    La proposition de Jebali a été rejetée par les trois partis de la coalition au pouvoir mais également par une partie de l'opposition, tous demandant à être consultés avant une quelconque décision. «Dans la probable éventualité où il n'y aura pas d'accord, le désordre civil va s'accroître pour atteindre un niveau que la police ne pourra plus contenir», estime Firas Abi Ali, membre d'un think tank londonien. «Si les troubles se poursuivent pendant plus de deux semaines, l'armée rechignera peut-être à s'engager et à soutenir un gouvernement technocratique ainsi que des élections à une nouvelle Assemblée constituante», a-t-il estimé.

    La Tunisie ne s'est toujours pas dotée d'une nouvelle Constitution et les violences pourraient encore aggraver une situation économique fragile dépendant largement du tourisme.

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