Otages au Sahel: La France aurait versé une rançon de 17 millions de dollars, Claude Guéant nie

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Publié le 8 février 2013.

NÉGOCIATIONS - Selon une ex-ambassadrice américaine au Mali...

Et si la France avait versé une rançon pour libérer les otages retenus au Sahel par Aqmi? C’est la thèse avancée par l’ex-ambassadrice américaine au Mali, Vicki Huddleston, dans un entretien diffusé vendredi sur I-télé. Le versement aurait été de 17 millions de dollars aurait été effectué il y a plusieurs mois, selon elle mais n’aurait donc pas abouti puisque les cinq otages sont toujours aux mains des islamistes.

«La rançon, comme toutes les autres rançons, a terminé dans les mains du gouvernement malien, et ensuite a été retournée, du moins une partie, aux salafistes», a-t-elle expliqué. «L'argent versé à Aqmi leur permet d'acheter des armes et de recruter», a ajouté Vicki Huddleston. De manière générale, la France ne communique pas sur le versement des rançons, voire nie en verser.

89 millions versés en 7 ans

Une ligne répétée par Claude Guéant, ex-secrétaire général de l'Elysée, sur I-télé. «Ce n'est pas parce qu'une ancienne ambassadrice des Etats-Unis déclare ce qu'elle vient de déclarer que c'est la vérité», a-t-il réagi sur i>télé. «Je maintiens que la France, l'Etat français, n'a jamais payé pour la libération d'otages». «Il y a une ligne, et la France s'y est toujours tenue pour sa part». Des versements de rançons, «ça peut arriver, l'Italie l'a reconnu, mais je crois que ce sont des exceptions», a-t-il ajouté. «Nous avions des négociateurs sur le terrain, qui étaient extrêmement actifs, qui faisaient un travail très dangereux», a-t-il dit, sans plus détails.

En déplacement à Grenoble, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a refusé de confirmer ou d'infirmer l'information. «Je ne commenterai pas cette soi-disant information, d'autant que, s'agissant de nos ressortissants actuellement détenus en otages dans le Sahel, il faut faire preuve de beaucoup de sang-froid, beaucoup d'esprit de responsabilité parce que le gouvernement avec le président de la République n'ont qu'un objectif, c'est d'obtenir leur libération», a-t-il dit.

Mais d’après la diplomate américaine, les Européens ont versé 89 millions de dollars entre 2004 et 2011 pour obtenir des libérations d'otages. C'est «le chiffre dont j'ai entendu parler et que j'ai vu écrit noir sur blanc», a-t-elle assuré. «Quand les gouvernements nient avoir payé des rançons, tout le monde sait que de l'argent passe de mains en mains et par différents intermédiaires et que cela termine dans la trésorerie, pouvons-nous dire, d'Aqmi et que cela leur permet d'acheter des armes et de recruter», a-t-elle conclu.

Sept employés d'Areva avaient été enlevés en septembre 2010 à Arlit, au Niger, par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et quatre sont toujours entre leurs mains. Alors que l’opération française au Mali progresse, la pression augmente sur les preneurs d’otages, qui seraient, selon les autorités françaises, dans le nord-est du Mali. Trois autres otages Français y auraient été transférés. «Des contacts» ont été établi, a expliqué Jean-Yves le Drian, le ministre de la Défense.

Les soldats français et tchadiens sont arrivés jeudi à Aguelhok, dans l'extrême nord-est du Mali, dans la région de Kidal, dernier fied des islamistes.

M.P. avec Reuters

 

 

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