Un drone «Predator» de l'armée américaine.
Un drone «Predator» de l'armée américaine. - K.WIGGLEWORTH/AP/SIPA

Barack Obama est un homme pragmatique. Il est officiellement contre la torture mais il a, dans une opacité presque totale, développé le programme de drones et d'assassinats ciblés de George W. Bush à des niveaux qui inquiètent certains élus de son propre camp. Le point sur les derniers rebondissements.

Un mémo déclassifié pour le Congrès

A la demande de plusieurs élus, la Maison Blanche va fournir au Congrès le mémo controversé qui pose les bases légales de l'assassinat de citoyens américains basés à l'étranger qui collaborent avec Al Qaida. Alors qu'NBC a publié 16 pages, l'administration Obama refusait pour l'instant de se prononcer sur son authenticité.

De la légalité de tuer des citoyens américains

Quand un président veut se couvrir, il demande en général à ses juristes d'écrire un mémo (comme ceux sur la torture) justifiant de la légalité d'un acte controversé. L'attorney general Eric Holder a déjà estimé oralement que tuer des citoyens américains était constitutionnel en cas «de menace imminente». Mais de nombreux experts ont, eux, sonné l'alarme. Le juriste Kevin Jon Heller estime que la définition d'attaque «imminente» est «trop floue» et qu'elle engage l'Amérique sur une «pente glissante».

Les républicains à la rescousse

L'ancien ambassadeur des Etats-Unis aux Nations Unies, John Bolton, a estimé mardi que le programme de drones d'Obama était une extension «raisonnable et cohérente» de celui de George Bush pour lutter contre le terrorisme. Le sénateur républicain Lindsey Graham a, lui, loué le programme comme l'un «des plus grands accomplissements d'Obama».

La base secrète en Arabie Saoudite

Mercredi, le Washington Post a révélé que les Etats-Unis possédaient une base secrète de drones en Arabie Saoudite. Le journal possédait l'information depuis plus d'un an mais c'était autocensuré à la demande de la Maison Blanche, au nom de la sécurité nationale. Si le Post a changé d'avis, c'est parce que le New York Times s'apprêtait à publier un article. L'organisation ACLU, qui a demandé à plusieurs reprises un accès aux détails du programme de drones au nom de la liberté d'information, dénonce l'opacité totale» de l'administration Obama.

Audition de John Brennan

Le débat intervient alors que John Brennan, le conseiller de la Maison blanche pour l'antiterrorisme, doit passer jeudi devant le Sénat son audition de confirmation pour le poste de directeur de la CIA. Les élus démocrates et les libertariens devraient avoir de nombreuses questions.

Mots-clés :

  • Aucun mot-clé