Gyurcsany, vainqueur des élections, victime de son franc-parler

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Publié le 19 septembre 2006.

Portrait du Premier ministre hongrois, qui doit affronter une crise

Le dynamique Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany, un ancien homme d'affaires âgé de 44 ans, a réussi à amener par son charisme les socialistes à la victoire électorale en avril dernier, mais a été victime de son proverbial franc-parler.
Le 23 avril, cet homme longiligne fêtait avec un large sourire une victoire largement personnelle et unique dans un pays où aucun gouvernement sortant n'avait conservé le pouvoir depuis la chute du communisme en 1989 : un retour au pouvoir, qui plus est avec une majorité accrue.
Le Parti socialiste (MSZP), ex-communiste, qu'il avait sorti de l'ornière et modernisé, avait remporté avec son petit allié libéral une claire victoire aux élections législatives à deux tours, contre la droite (Fidesz) de l'ex-Premier ministre Viktor Orban.
Fidèle à son caractère trempé, selon les analystes, il a reconnu et revendiqué lundi des propos, tenus à huis clos. Ceux-ci ont notamment choqué la droite hongroise, qui les a jugés orduriers.
Il a refusé mardi de démissionner, accusé "les casseurs" et a souligné sa volonté de redresser les équilibres financiers par un plan d'austérité douloureux, devant aussi favoriser l'adoption de l'euro.
Dans son intervention devant les députés du parti socialiste en mai dernier et dont la radio publique hongroise a diffusé l'enregistrement dimanche soir, Ferenc Gyurcsany a déclaré que le gouvernement n'avait fait que "des conneries" et avait "menti" pendant un an et demi. "Nous avons gardé secret en fin de campagne électorale ce dont le pays a vraiment besoin", à savoir des réformes draconiennes pour redresser les finances publiques.
Au soir de la victoire électorale, il déclarait : "le parti a gagné, mais c'est le pays entier qui doit gagner à l'avenir", en invitant la Hongrie à s'unir face aux futurs défis, en regardant en face les réalités.
Né dans la pauvreté à Papa (Ouest), M. Gyurcsany se forge rapidement un nom quand il devient chef des Jeunesses communistes dans les années 1980.
Après la transition, il quitte la politique pour le monde des affaires, où il devient riche pendant les premières années des privatisations douteuses lancées par le nouveau régime.
Cet homme politique, très médiatique, avait remplacé en septembre 2004 Peter Medgyessy, un technocrate sans charisme, dont il avait été auparavant ministre des Sports.
L'image d'un Gyurcsany énergique et sûr de soi a réussi à mobiliser des partisans démoralisés par les attaques de l'opposition.
Ferenc Gyurcsany a également su donner un coup de jeune au MSZP, dont la base électorale a longtemps été composée de retraités.
Grand, mince, souriant, à l'aise en anglais, il fréquente des concerts rock et rédige un blog que plusieurs dizaines de milliers de personnes visitent chaque semaine : il y parle de politique comme de famille et a même diffusé une vidéo-gag où il incarne l'acteur Hugh Grant.
Mais pour ses adversaires conservateurs, c'est un opportuniste sans convictions dont la fortune pose question.
Pendant la campagne, il avait invité le pays à affronter sans crainte la concurrence économique internationale, alors que son rival Viktor Orban recommandait le protectionnisme face au "capitalisme sauvage" international.
La volonté de privatiser de M. Gyurcsany est en effet sévèrement critiquée au sein de la droite, qui prône un Etat puissant et accuse la gauche de vendre le patrimoine national.
Marié trois fois, M. Gyurcsany est père de quatre enfants. 
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