Des milliers d'Américains acclament à nouveau Obama «pour l'histoire»

"Pour l'histoire". Des centaines de milliers d'Américains réunis ...

© 2013 AFP

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Des spectateurs venus à la cérémonie d'investiture en public de Barack Obama, le 21 janvier 2013 à Washington

Des spectateurs venus à la cérémonie d'investiture en public de Barack Obama, le 21 janvier 2013 à Washington — Joe Raedle Getty Images

«Pour l'histoire». Des centaines de milliers d'Américains réunis lundi au coeur de Washington ont ovationné Barack Obama quand il a salué à pied ses électeurs, main dans la main avec sa femme Michelle, après avoir prêté serment en public pour son deuxième mandat.

En manteaux sombres, rehaussés par les gants roses de Michelle Obama, le couple présidentiel a arpenté la Pennsylvania Avenue, après avoir ouvert en limousine le traditionnel défilé sur cette artère qui relie le Congrès à la Maison Blanche.

Barack et la très populaire Michelle ont renouvelé cette rare sortie en public en arrivant à la résidence exécutive. Quelques pas derrière, le vice-président Joe Biden a même serré plusieurs mains et embrassé des enfants, sous les froncements de sourcils des agents du Secret Service.

Perchée sur les épaules de son père, Ayana Richburg, 10 ans, de Greenville en Caroline du Sud (sud-est), s'est réjoui d'avoir «vu le président», quand d'autres spectateurs massés sur le trajet avaient parfois du mal à l'apercevoir.

Y compris le long du défilé, la foule semblait toutefois moins dense qu'il y a quatre ans. Jusqu'à 800.000 spectateurs étaient attendus, contre 1,8 million qui avaient fêté en 2009 l'accession d'un premier président noir à la Maison Blanche.

Un grand «Yeah!» a surgi de la foule à midi, quand Barack Obama a répété devant le Congrès sa promesse de «protéger et défendre la Constitution des Etats-unis», après avoir déjà prêté serment dimanche en privé.

Dès l'aube, les partisans du 44e président américain, en majorité noire, avaient convergé vers le «Mall», la grande esplanade qui fait face au Capitole, où siège le Congrès des Etats-Unis, au centre de la capitale fédérale.

«C'est un moment formidable! Je voulais que ma fille voit ça», s'est exclamée Carmen Green, venue de Louisiane (sud) avec sa fille, élève de quatrième.

«Différent» mais «fabuleux»

«C'est de l'histoire. Et cela a encore plus de signification aujourd'hui parce que c'est la deuxième fois», souligne Audrey, une infirmière noire venue de Floride (sud-est), qui porte sur son bonnet un badge à l'effigie d'Obama et de Martin Luther King, le militant noir assassiné en 1968, fêté également ce 21 janvier.

«La prochaine fois ce sera une femme!», promet-elle avec ses amies, qui ont toutes voté le 6 novembre pour Obama, comme 93% des électeurs noirs, et portent d'immenses sacs de course où sont imprimées des photos de la famille présidentielle.

Des vendeurs de souvenirs haranguent les passants pour vendre tee-shirts, casquettes et écharpes. Sonya Ragland, de Louisville, dans le Kentucky (centre-est), hésite entre deux tee-shirts. «C'est une occasion unique dans la vie, et il y a 50 ans, avait lieu la marche» en faveur des Noirs d'août 1963.

Jordan Tajui et Josh Kimberlin, tous deux homosexuels, sont venus de Chicago dans l'Illinois (nord), le fief politique d'Obama, pour «voir le nouveau chef de file des droits civiques» et saluer ce qu'il a fait pour la question raciale, le mariage homosexuel, ou «la santé pour tous».

Des chansons en espagnol sont diffusées par les hauts-parleurs, à destination d'un électorat qui a voté à 71% pour Obama.

Robert Fisher et Kathy Kedy de Harrington Park (New Jersey, est), assis sur un banc, déjeunent d'un gâteau à la carotte, de pain et de boursin, avec du vin blanc dans des verres en platique.

Pour Robert, qui avait travaillé pour la première campagne de Barack Obama, l'environnement est le sujet primordial mais le président doit aussi régler «la question des armes, pour profiter de l'émotion» de Newtown (Connecticut, nord-est), où 20 enfants de CP ont été tués à l'arme lourde le 14 décembre.

Des batteurs noirs défilent. L'enthousiasme est «différent» d'il y a quatre ans, «mais c'est fabuleux quand même», se réjouit une jeune Noire. «Obama, Obama», scande un groupe de femmes au passage de militaires.

Nicole Watters, venue de Houston au Texas (sud) avec des amis, est aussi là «pour l'histoire». Sa voisine Shonda arbore fièrement une écharpe noire et blanche «Obama». «Ce sera la seule fois de ma vie que je verrai l'investiture d'un président noir», pense-t-elle. «Tu es trop pessimiste» lui reprochent ses amis, noirs comme elle, en riant.