Deux pistolets Glock 26 lors présentés à un salon consacré aux armes à feu à Las Vegas, en 2011.
Deux pistolets Glock 26 lors présentés à un salon consacré aux armes à feu à Las Vegas, en 2011. - J.JACOBSON/AP/SIPA

Philippe Berry

Aux Etats-Unis, il y a autant d'armes à feu en circulation que d'habitants: plus de 300 millions. Un tiers des foyers possèdent un pistolet ou un fusil à leur domicile. En novembre, les ventes ont battu des records. Le nombre d'homicides par arme à feu s'élève à plus de de 10.000 par an, soit, par personne, entre 10 et 20 fois plus que dans les pays d'Europe occidentale, selon des chiffres des Nations Unies collectés entre 2007 et 2010. Sept tueries de masse majeures ont endeuillé l'année 2012. Mais jusqu'ici, «le silence d'Obama a été assourdissant», avait accusé Michael Bloomberg, l'été dernier. Les choses pourraient changer.

Vendredi, après le drame de Newtown, Barack Obama a appelé à prendre des «mesures significatives» pour éviter qu'une telle tuerie ne se reproduise. Mais dans le même temps, son porte-parole a estimé «qu'aujourd'hui n'est pas le bon moment» pour parler du contrôle des armes à feu, alors que l'Amérique pleure les victimes.

«Le moment est venu»

Pourtant, le New Yorker, le Washington Post, Slate, le Huffington Post... De nombreux médias américains ont publié des éditos jurant l'inverse, expliquant que «le moment est venu».

Pourquoi les choses seraient-elles différentes cette fois? Car la tuerie a touché une école primaire, renforçant un peu plus l'horreur habituelle, estiment plusieurs experts. Le tueur, Adam Lanza, a notamment utilisé une mitraillette semi-automatique enregistrée au nom de sa mère.

Surtout, avec la perte d'influence de la NRA, le lobby des armes, qui n'a presque pas pesé dans la dernière élection, les pro «gun control» donnent de la voix. «Appeler à une action significative n'est pas suffisant. Il faut une action immédiate. Obama ne doit pas simplement envoyer ses condoléances mais également un projet de loi au Congrès», tonne Michael Bloomberg. A commencer par réinstituer l'interdiction touchant la vente des armes automatiques, qui a expiré en 2004 dans l’indifférence quasi-générale.