Veillée religieuse dans une église de Newtown, après la tuerie dans laquelle 26 personnes ont trouvé la mort, le 14 décembre 2012.
Veillée religieuse dans une église de Newtown, après la tuerie dans laquelle 26 personnes ont trouvé la mort, le 14 décembre 2012. - S.STAPLETON/REUTERS

Philippe Berry

De notre correspondant aux Etats-Unis

«Le Mal a visité notre communauté.» Ces mots, prononcés par le gouverneur du Connecticut, traduisent l'horreur de la tuerie de Newtown. Vendredi, un jeune-homme lourdement armé a tué 26 personnes, dont 20 enfants, dans une école primaire de cette petite ville huppée du nord-est américain.

Agé de 20 ans, le tueur, Adam Lanza, a retourné son arme contre lui. Il a d'abord abattu sa mère, Nancy, enseignante (ou bénévole, selon ABC) dans l'établissement, à son domicile. Puis il s'est rendu à l'école, a ouvert le feu dans le hall avant de se diriger dans deux classes et de tirer à vue. 18 enfants sont morts sur place et deux sont décédés à l'hôpital. La principale de l'école, ainsi qu'un psychologue, font partie des victimes.

Le père vivant, le frère entendu

Contrairement à ce qui avait été annoncé, son père est vivant. Il a été entendu par les forces de l'ordre mais n'est pas considéré comme supect. Les parents étaient divorcés. Son frère aîné, Ryan, a été emmené menotté au poste pour y être interrogé. Selon son témoigagne, il n'avait pas eu de contacts avec son frère depuis 2010. Selon lui, son cadet souffrait de «troubles du comportement» et était «presque autiste».

Adam Lanza a utilisé trois armes, deux revolvers et une mitraillette semi-automatique, toutes enregistrées au nom de sa mère, selon NBC.

Obama demande «une action significative»

Très ému, le président a offert ses condoléances aux familles. «Nos cœurs sont brisés. Ces enfants avaient leur vie devant eux», a dit le président, essuyant une larme sur son visage. «Notre pays a vécu trop de fusillades comme celle-ci», a-t-il regretté. Dans une lettre au président Barack Obama, François Hollande s'est, lui, dit «horrifié» et lui a exprimé les condoléances du peuple français.

Barack Obama a réclamé une «action significative au-delà des clivages politiques» pour s'assurer que cela n'arrive plus. Pour le maire de New York, les mots «ne sont pas suffisants». «Nous connaissons déjà tous les discours. Mais nous n'avons jamais vu quelqu'un prendre l'initiative, ni à la Maison blanche, ni au Congrès», a dit Michael Bloomberg, fondateur de l'association des Maires contre les armes illégales. «Cela doit prendre fin aujourd'hui.»

Après les tueries de Virginia Tech (32 morts) ou d'Aurora (12 morts), aucune loi n'a été introduite. En 2004, l'interdiction de la vente d'armes semi-automatiques a expiré et aucun homme politique ne l'a depuis remise sur le tapis.