Après trois ans et demi d'enquête, une commission du Sénat américain a estimé que l'utilisation des "techniques d'interrogatoire musclé" étaient une "terrible erreur", a annoncé sa présidente jeudi.
Après trois ans et demi d'enquête, une commission du Sénat américain a estimé que l'utilisation des "techniques d'interrogatoire musclé" étaient une "terrible erreur", a annoncé sa présidente jeudi. - Alex Wong afp.com

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Après trois ans et demi d'enquête, une commission du Sénat américain a estimé que l'utilisation des «techniques d'interrogatoire musclé» étaient une «terrible erreur», a annoncé sa présidente jeudi Dianne Feinstein.

Le rapport et ses 20 conclusions sont toutefois confidentiels et devront être examinés par des responsables de l'administration de Barack Obama avant une éventuelle déclassification, dans plusieurs mois.

«Je crois fermement que la création de "sites noirs" clandestins de long terme et l'utilisation de "techniques d'interrogatoire musclé" ont été de terribles erreurs», a déclaré Dianne Feinstein, présidente de la commission du Renseignement, à l'issue d'une réunion à huis clos. «La majorité de la commission est d'accord».

Des techniques inefficaces pour localiser Ben Landen

La puissante sénatrice démocrate a également estimé, à titre personnel mais sur la base du rapport d'enquête, que l'utilisation de ces techniques, notamment celle de la simulation de noyade, n'avait pas conduit à des renseignements ayant permis de localiser Oussama ben Laden, tué en 2011 au Pakistan lors d'un raid de commando américain.

C'est pourtant sur une scène de torture que s'ouvre le nouveau film «Zero Dark Thirty», de Kathryn Bigelow, qui raconte la traque du chef d'Al-Qaïda par la CIA. Selon le scénario, des indices auraient été obtenus en torturant des suspects. Le film sort ce mois-ci sur les écrans américains et suscite un grand intérêt dans le pays, puisque la réalisatrice a pu avoir accès à de nombreux responsables de l'administration Obama.

Les sénateurs de la commission ont approuvé par neuf voix contre six ce rapport de 6.000 pages examinant le cas de chacun des détenus de la CIA, «les conditions dans lesquelles ils ont été détenus, comment ils ont été interrogés, les renseignements qu'ils ont effectivement fournis», a détaillé Dianne Feinstein. Tous les républicains sauf un ont voté contre l'adoption du texte, illustrant la controverse qui continue d'entourer ces interrogatoires.