Meurtre en Corse: Valls se dit «indigné par l'étalage de cette chronique mortuaire»

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Publié le 15 novembre 2012.

POLITIQUE - Les ministres de l'Intérieur et de la Justice se sont rendus en urgence sur l'île, au lendemain d’un nouveau meurtre à Ajaccio...

L’Etat face à ses responsabilités pour stopper la spirale meurtrière en Corse,  au lendemain du 17e assassinat commis dans l'île depuis le début de l'année. Les ministres français de l'Intérieur et de la Justice Manuel Valls et Christiane Taubira se sont rendus en urgence sur l’île, dans la nuit de mercredi à ce jeudi, quelques heures après l'assassinat à Ajaccio de Jacques Nacer, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Corse du sud.

Dans une conférence de presse organisée avec Christiane Taubira ce jeudi, Manuel Valls a appelé à un «sursaut conjoint de l'Etat et de la société corse» pour «desserrer le carcan que les groupes criminels cherchent en permanence à faire peser», dénonçant une forme de loi du silence.

«La mafia est à l'œuvre en Corse»

«En Corse, on connaît les commanditaires. On sait, mais on ne parle pas», a-t-il déclaré, ajoutant: «Je lance un appel pressant à la société corse, souvent désespérée, éprouvant un sentiment d'impuissance. Nous avons besoin de la mobilisation de tous les Corses.» «L'Etat ne recule pas, l'Etat ne capitule pas», a assuré pour sa part Christiane Taubira.

En déplacement à Berlin, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a prononcé des mots très durs: «La mafia est à l'œuvre en Corse et l'argent s'est emparé de tout. Il faut absolument appliquer les mesures que le gouvernement a prises il y a quelques semaines», a-t-il dit aux journalistes.

Plan gouvernemental pour la Corse

Le gouvernement veut montrer qu'il se mobilise face à une nouvelle vague de violence alors que les mesures contre le crime organisé annoncées le 22 octobre dernier- notamment la lutte contre le blanchiment d'argent - nécessitent des délais de mise en œuvre.

Aux yeux de la classe politique corse, ce tout nouveau plan gouvernemental ne fait que prolonger le dispositif déjà mis en œuvre - sans succès - par le précédent gouvernement. «Il faudra passer des paroles aux actes», a déclaré le député UMP de Corse-du-sud Laurent Marcangeli. Le président communiste de l'Assemblée de Corse Dominique Bucchini a quant à lui estimé: «Je pense que l'Etat doit s'attaquer une fois pour toutes - dans le passé ça n'a malheureusement pas été le cas - aux racines du mal: le fric».

«Les racines du mal, le fric»

«Le milieu corse veut s'emparer du littoral. On a tué des hommes, des femmes, on a tiré sur des enfants, ce n'est plus possible. Il faut obligatoirement que les lois de la République s'appliquent en Corse», a ajouté Dominique Bucchini.

Se disant «choqué, scandalisé, indigné par l'étalage de cette chronique mortuaire», Manuel Valls a assuré que le plan gouvernemental pour l'île visait à répondre à la fois au court et au long terme. Il a également promis que le dispositif - qui sera dévoilé plus en détail ultérieurement - prévoyait des renforts conséquents, contrairement aux craintes des syndicats de police.

«La Corse, c'est la France. La Corse, c'est la République. La Corse, ce n'est pas un territoire à part où l'on accepterait la violence», a-t-il répété, jugeant que les insulaires avaient droit à une action efficace de l'Etat.

A.-L. B. avec Reuters
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