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Publié le 15 novembre 2012.

RUSSIE - Les lois répressives se multiplient depuis que Vladimir Poutine est revenu au pouvoir...

Zara Mourtazalieva, jeune Tchétchène de 29 ans, a passé un tiers de sa vie dans un camp pénitentiaire russe à Potma, en Mordovie. Condamnée pour «terrorisme» en 2005 sur un dossier monté de toutes pièces, elle y a passé huit ans et demi pour rien, sinon pour alimenter la « politique du chiffre » des autorités russes, déterminées à l'époque à «buter les terroristes jusque dans les chiottes», comme l'avait promis Vladimir Poutine en 1999. L'histoire de Zara – que raconte la journaliste Zoïa Svetova dans Les innocents seront coupables (Bourin Editeur) – est emblématique de la façon dont fonctionne la justice russe, prête à toutes les manipulations au service d'intérêts politiques.

«L'atmosphère est bien plus étouffante qu'avant»

La jeune femme a retrouvé la liberté il y a deux mois et demi. Désireuse de «rattraper les années perdues», elle se réadapte à la vie hors du camp. Loin du froid, des corvées quotidiennes, des maladies que l'on ne soigne pas, loin des brimades et des coups, qui lui ont laissé un traumatisme crânien et des migraines à vie. Zara Mourtazalieva est libre, et découvre avec stupéfaction que «la Russie, la Tchétchénie et le monde ont énormément changé». Grozny, qu'elle avait quittée en ruine, est aujourd'hui reconstruite, tandis que Moscou s'est «agrandie et a embelli». L'émerveillement s'arrête là.

Zara, actuellement hébergée à Paris, a vite appris que la situation s'est spectaculairement dégradée. «L'atmosphère est bien plus étouffante qu'avant. A l'époque, les Tchétchènes étaient la principale cible du pouvoir russe. Aujourd'hui, quiconque veut donner son avis – qu'il soit journaliste, entrepreneur ou étudiant – peut être persécuté.»

Tour de vis depuis le retour de Poutine à la présidence

Depuis le retour au pouvoir de Vladimir Poutine, élu président pour la troisième fois en mars, «la répression prend un tour sans précédent», s'alarme Tanya Lokshina, une chercheuse à Human Rights Watch (HRW), qui a dû quitter la Russie après des menaces en octobre. Une série de lois répressives a été adoptée. Elles imposent de nouvelles restrictions pour les manifestations et Internet, et criminalisent la calomnie. Une autre loi étend le crime de haute trahison et d'espionnage à «ceux dont l'activité menace la sécurité de la Russie», une phrase vague pour pouvoir incriminer n'importe qui. Les ONG sont aussi dans le collimateur. Celles qui reçoivent de l'argent de l'étranger et ont une activité «politique» devront se déclarer comme «agents de l'étranger». Une façon de les «diaboliser en les assimilant à des ‘‘espions étrangers''», dénonce HRW.

Sous la pression internationale, Poutine a déclaré mardi qu'il allait «se pencher» sur la loi sur la haute trahison... avant de la signer le lendemain. «Il n'a pas pardonné à l'opposition d'avoir manifesté pendant des mois, ni de l'avoir traité de voleur, analyse Galia Ackerman, spécialiste de la Russie. Le ridicule tue les autocrates.» De son côté, Zara ignore si elle retournera à Moscou, où vit sa mère. Elle va raconter son expérience dans un livre, et sait que cela l'exposera encore plus. Alors elle l'écrit, et «après, on verra».

Faustine Vincent

Réception

Vladimir Poutine a reçu chaleureusement mercredi l'ancien chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, en visite privée depuis la veille à Moscou.

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