L'armée au chevet des blessés

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Publié le 24 septembre 2012.

Reportage En Jordanie, la France soigne les Syriens qui ont fui la guerre civile dans leur pays

Une balle dans la jambe droite. Deux dans la gauche. Allongé sur son lit, Walid* nous souffle péniblement son histoire. Celle d'un jeune homme de 35 ans, engagé dans l'Armée syrienne libre (ASL) dans une ville proche de la frontière jordanienne. Début septembre, l'armée de Bachar al-Assad a attaqué son appartement. Ses deux frères sont morts sous ses yeux. Lui s'en est sorti, a été opéré dans un hôpital clandestin avant d'être emmené par l'ASL en Jordanie, en sécurité. C'est désormais l'armée française qui prend soin de lui à Za'atari, un bout de désert à 10 km de la frontière syrienne où près de 20 à 25 000 réfugiés syriens s'entassent. C'est ici que la France a installé un groupe médico-chirurgical (GMC) que le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a visité le 13 septembre dernier. Un « message politique » à l'attention du dictateur syrien, assure son entourage. Mais sur place, c'est bel et bien de médecine dont les 80 soldats français s'occupent depuis leur arrivée le 14 août. Trente-huit opérations y ont été réalisées. « La plupart des patients sont blessés par balles ou par des éclats », détaille le médecin-adjoint réanimateur Gérard Dosseh, qui ne se préoccupe pas de savoir s'il s'agit de combattants ou non. C'est l'armée jordanienne qui, depuis la frontière, leur amène les victimes, dont le nombre fluctue au gré des évolutions sur le terrain. « Beaucoup sont atteints aux membres inférieurs ou supérieurs, ici on n'en voit aucun touché au thorax ou à l'abdomen. » Pour ces derniers, atteindre la Jordanie est souvent trop long. Outre la chirurgie, que la France assure en lien avec l'armée marocaine, les militaires français assurent des consultations de médecine générale et se sont lancés dans une vaste opération de vaccination polio-rougeole pour les enfants. Trois bébés ont même vu le jour au sein du GMC. Sous sa tente, Walid, lui, assure qu'il reprendra le combat dès qu'il sera remis sur pied. Pour « vivre en liberté. Que ce soit dans un Etat laïque ou islamique. »Alexandre Sulzer

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