Un policier égyptien monte la garde devant l'ambassade française au Caire, le 19 septembre 2012
Un policier égyptien monte la garde devant l'ambassade française au Caire, le 19 septembre 2012 - Nasser Nasser/AP/SIPA

Mathieu Gruel

Le ministère français des Affaires étrangères a décidé de prendre les devants. Dans la foulée des Etats-Unis, la France a en effet décidé de renforcer, ce mercredi, la sécurité d'une vingtaine de ses ambassades dans le monde.

Ce faisant, le gouvernement français anticipe un possible regain de colère des musulmans après la publication, ce mercredi par l’hebdomadaire Charlie Hebdo, de caricatures du prophète Mahomet.

«Monde arabo-musulman chauffé à blanc»

C’est que «le danger est évident, dans ce monde arabo-musulman chauffé à blanc», détaille Philippe Moreau Defarges, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri) et co-directeur du rapport Ramses. «Le gouvernement se doit d’être prudent», ajoute- t-il.

D’après-lui, rien d’anormal à ce que le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius annonce des mesures allant dans ce sens, un peu plus tôt dans la journée. «J'ai évidemment envoyé des instructions pour que dans tous les pays où cela peut poser des problèmes, on prenne des précautions de sécurité particulières», a en effet déclaré Laurent Fabius ce mercredi matin sur France Info.

Vingtaine de pays

Car, outre le message de prudence adressé aux Français installés dans ces pays et celui, de vigilance, envoyé aux agents dans les ambassades et les consulats, la sécurité a donc bien été renforcée aux abords des différents lieux de représentation française à l’étranger. Et ce dans une vingtaine de pays, où les craintes se concentrent notamment sur vendredi, journée de prière dans les pays musulmans et qui pourrait donner lieu à une mobilisation accrue contre l'Occident.

«Ça peut être au Yémen, en Afghanistan, en Lybie, en Egypte… C’est logique que la France, qui est en première ligne aux côtés des États-Unis, notamment dans le conflit afghan, mette en place ces mesures de sécurité», explique Philippe Moreau Defarges.

«Faire profil-bas»

Et puis, après avoir également demandé aux gouvernements locaux de faire le nécessaire pour protéger les personnels français sur place, «il s’agit ensuite de faire profil bas», souligne le chercheur à l’Ifri. D’après lui, pas question en effet de se livrer à un déploiement de militaires, «qui pourrait être vécu comme une provocation dans ces pays, où les situations sont instables et les États souvent faibles».

Pas étonnant, dans ces conditions, que le Quai d’Orsay ait également opté pour une fermeture, vendredi, des ambassades, consulats, centres culturels et écoles. En espérant que «ces enclaves censées être inviolables» le resteront.