Le pape Benoît XVI a exhorté samedi les peuples du Moyen-Orient à "dire non à la vengeance" et à bannir "la violence verbale et physique", en les appelant à accepter "la société plurielle".
Le pape Benoît XVI a exhorté samedi les peuples du Moyen-Orient à "dire non à la vengeance" et à bannir "la violence verbale et physique", en les appelant à accepter "la société plurielle". - - afp.com

© 2012 AFP

Le pape Benoît XVI a exhorté samedi les peuples du Moyen-Orient à «dire non à la vengeance» et à bannir «la violence verbale et physique», en les appelant à accepter «la société plurielle». Le souverain pontife s'adressait au palais présidentiel de Baabda, près de Beyrouth, à plusieurs centaines de personnalités des mondes politique, religieux, de la culture libanais, dont les dirigeants des communautés musulmanes, au deuxième jour de sa visite au Liban.

Alors que toute la région est ensanglantée par la guerre en Syrie et des manifestations violentes contre un film réalisé aux Etats-Unis injuriant le Prophète, le pape a axé son intervention sur les conditions religieuses et sociales qui peuvent favoriser la paix dans toute la région. Le pape a demandé de «bannir la violence verbale ou physique». «Elle est toujours une atteinte à la dignité humaine, celle de l'auteur comme celle de la victime», a-t-il ajouté, sans évoquer directement les dernières violences autour du film diffamant l'islam. «Il s'agit de dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d'accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner», a encore souligné le pape.

La famille libanaise en exemple

«Alors seulement peut croître la bonne entente entre les cultures et les religions, la considération sans condescendance», a poursuivi le chef de l'Eglise catholique. «Au Liban, la chrétienté et l'islam habitent le même espace depuis des siècles. Il n'est pas rare de voir dans la même famille les deux religions. Si dans une même famille cela est possible, pourquoi cela ne le serait-il pas au niveau de l'ensemble de la société?», a-t-il demandé.

De son côté, le président Michel Sleimane, seul chef d'Etat chrétien dans le monde arabe, a demandé qu'au Moyen-Orient la démocratie «assure aux diverses composantes du monde arabe, y compris la composante chrétienne (...) une participation dans la vie politique et dans la gestion des affaires publiques indépendamment de leur proportion numérique, sur la base de la citoyenneté et de la diversité au sein de l'unité». «La spécificité du Moyen-Orient se trouve dans le mélange séculaire de composantes diverses», a encore plaidé le pape.

Il appelle à un «nouveau type de fraternité»

Dans ce contexte, «professer et vivre librement sa religion sans mettre en danger sa vie et sa liberté doit être possible à quiconque». «Les différences culturelles, sociales, religieuses doivent aboutir à vivre un nouveau type de fraternité (...) Ce dialogue n'est possible que dans la conscience qu'il existe des valeurs communes à toutes les grandes cultures», a-t-il ajouté.

Selon le pape, la paix trouve ses sources aussi dans les lois de la société. Elle n'est pas favorisée quand «la valeur inaliénable de la vie» est «remise en cause de façon directe ou indirecte, ou même légale», a-t-il dit dans une critique aux pays occidentaux qui promulguent des lois remettant en cause, selon lui, les conceptions religieuses de la vie et de la famille. Le pape a fait allusion au cèdre, symbole qui figure sur le drapeau libanais, dont il venait de planter un arbrisseau avant la cérémonie.

«En voyant les soins qu'il demandera pour se fortifier jusqu'à étendre ses branches majestueuses, j'ai pensé à votre pays et à sa destinée, aux Libanais et à leurs espérances, à toutes les personnes de cette région du monde qui semble connaître les douleurs d'un enfantement sans fin» et «qui a vu naître de grandes religions et de nobles cultures», a ajouté le souverain pontife.