Le cauchemar "paralympique" d'une athlète handicapée de Rio

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Publié le 14 septembre 2012.

Pour Viviane Macedo, quintuple championne du Brésil de danse en fauteuil roulant, les jeux Paralympiques de Rio de Janeiro, en 2016, se disputent déjà tous les jours dans cette ville où rien n'est fait ou presque pour les handicapés.

Se déplacer dans la Ville merveilleuse est un décathlon quotidien aux allures de cauchemar éveillé pour la Brésilienne de 35 ans.

Les trottoirs, quand il y en a, sont souvent criblés de nids de poule. Les feux de signalisation pas équipés d'avertisseurs sonores pour aveugles. Et beaucoup d'ascenseurs du métro sont en panne. Quant aux taxis, ils refusent d'embarquer des clients en fauteuil roulant.

A l'arrêt de bus, plusieurs autobus l'ignorent tandis que d'autres ne sont pas adaptés pour la faire monter. Et quand l'un d'eux s'arrête finalement, la galère continue: le mécanisme qui permet de hisser le fauteuil à l'intérieur ne fonctionne pas...

"C'est presque impossible pour moi de prendre un bus dans cette ville", explique l'athlète, qui s'est installée dans le quartier de Copacabana pour pouvoir prendre le métro.

Elle ignore d'ailleurs si elle pourra encore y vivre longtemps. Le boom pétrolier conjugué à l'approche du Mondial-2014 de football et des JO-2016, font exploser les prix. Celui de son loyer a augmenté de 100% en un an et elle ne reçoit aucune aide de l'Etat.

Après l'or, la faim

Viviane n'oublie ses déboires que quand elle danse la samba et le zouk, ou donne des cours à des enfants handicapés.

La danse en chaise roulante n'est pas un sport paralympique. Mais la jeune femme espère que les Jeux Paralympiques de Rio, qui accueilleront quelque 4.200 athlètes de 150 pays, laisseront un héritage pour tous les handicapés cariocas.

La moitié seulement de la flotte des autobus de Rio est en théorie adaptée pour transporter des handicapés, contre 100% à Londres, où viennent de s'achever les Jeux Paralympiques. La ville de Rio promet que les bus rapides choisis pour les JO-2016, seront adaptés pour les personnes à mobilité réduite.

Mais là où ils ont commencé à fonctionner, les rampes d'accès sont trop abruptes, déplore Teresa Amaral, la présidente de l'Institut brésilien des droits des handicapés (IBDD).

"L'aveugle à Rio est un aventurier. Une amie aveugle est morte écrasée par une voiture alors qu'elle traversait la rue, face à l'Institut des aveugles, où se trouve l'unique feu tricolore de la ville équipé d'un avertisseur sonore" pour non-voyants, raconte-t-elle.

Le maire de Rio de Janeiro, Eduardo Paes, a promis des changements à son retour de Londres avec le drapeau paralympique, lundi. "Transformer cette ville en un endroit accessible et accueillant pour les handicapés doit être un engagement de tous les Cariocas", a-t-il affirmé.

Les athlètes paralympiques brésiliens ont brillé à Londres, où ils ont remporté 43 médailles et fini au septième rang des nations.

"Souvent, l'athlète vit un moment de gloire mais quand il rentre au Brésil, il se retrouve confronté à la dure réalité: il n'a ni profession ni emploi, personne ne respecte ses droits", souligne Teresa Amaral. Après avoir gagné l'or, certains "connaissent même la faim", regrette-t-elle.

© 2012 AFP
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