En déplacement au Proche-Orient, à la frontière jordano-syrienne, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est confié à 20 Minutes sur la situation en Syrie.
Vous avez convenu avec le roi Abdallah de Jordanie qu'il faut soutenir la résistance syrienne. Comment concrètement ?
Politiquement, la France est à la manœuvre en faisant pression auprès des acteurs syriens intérieurs et extérieurs pour la constitution d'un gouvernement provisoire. Militairement, nous l'aidons en apportant des équipements non létaux comme des équipements de communication ou des jumelles de vision nocturne.
Est-ce vraiment suffisant ?
Il existe un embargo sur les armes que nous respectons. Ce n'est pas en le violant que nous apporterons une solution pérenne. Le problème de la livraison des armes, c'est aussi la question du destinataire…
La France étudie-t-elle toujours
la possibilité d'instaurer une zone d'exclusion aérienne en Syrie ?
L'idée d'une sécurisation des zones libérées est un concept que nous étudions. Mais les conditions de sa mise en œuvre sont complexes. Il faudrait un territoire libéré suffisamment large, une autorité politique reconnue sur ce territoire… C'est une démarche lente, difficile.Propos recueillis par Alexandre Sulzer, en Jordanie