Film anti-islam: Les acteurs croyaient jouer dans un film «sur l'époque du Christ»

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Publié le 13 septembre 2012.

POLEMIQUE - Le personnage de Mahomet ne figurait pas sur la fiche de distribution...

Le mystère commence à s’éclaircir autour de L’Innocence des musulmans, le film qui embrase le monde arabe depuis mardi. Une actrice californienne qui apparaît dans la vidéo anti-islam affirme avoir été trompée sur la véritable nature du long-métrage.

Cindy Lee Garcia, de Bakersfield (Californie), a précisé avoir répondu l'an dernier à une annonce pour un film intitulé Desert Warrior (Le guerrier du désert). «Tout cela me paraît irréel, c'est comme s'il ne restait rien de ce que nous avons tourné», a-t-elle déclaré à l’agence Reuters.

Près de quatre millions d’euros de budget

Le film s'appelle finalement Innocence of Muslims (L'innocence des musulmans), et présente le prophète Mahomet comme un imbécile, un homme à femmes et un imposteur. Diffusé depuis plusieurs semaines sur Internet, il aurait été produit par un promoteur immobilier israélo-américain qui vit en Californie, un certain Sam Bacile, peut-être un pseudonyme.

Cindy Lee Garcia a précisé que le film, qui aurait coûté 5 millions de dollars (environ 3,9 millions d’euros) en partie versés par une centaine de donateurs juifs, avait été tourné durant l'été 2011 à l'intérieur d'une église proche de Los Angeles. Les acteurs, qui étaient une cinquantaine, jouaient devant un «écran vert», sur lequel devaient être fixés plus tard les décors.

«On m'a dit que c'était un film sur l'époque du Christ»

Desert Warrior était présenté comme un film historique à petit budget se déroulant dans le désert d'Arabie. Dans la fiche de distribution retrouvée sur Backstage.com, aucun personnage n'est désigné sous le nom de Mahomet. «On m'a dit que c'était un film sur l'époque du Christ, il y a deux mille ans», a précisé l'actrice.

Cindy Lee Garcia a raconté que, dans le film, le personnage qu'elle jouait était obligé dans une scène de remettre son enfant à un certain «Maître Georges». La fiche du film décrit ce «Maître Georges» comme un «dirigeant autoritaire» et un «tyran». En fait, ce personnage est censé représenter le prophète Mahomet dans la vidéo.

L'actrice a ajouté que le producteur du film, qu'elle appelle Sam Bassil, était un homme âgé, les cheveux grisonnants, avec un accent. Il l'a payée avec un chèque. «Je lui ai téléphoné mercredi et lui ai demandé pourquoi il avait fait cela. Il m'a mis dans une situation affreuse, des gens sont tués à cause d'un film dans lequel je joue», a-t-elle déploré.

Une projection annulée, faute de spectateurs

Dans la fiche technique apparaît le nom de Sam Bassiel, proche de celui du producteur supposé. Le nom du réalisateur est Alan Roberts. Steven Klein, un assureur de Hemet (Californie) qui se présente comme consultant et porte-parole de la production du film, affirme qu'il a conseillé au réalisateur de se cacher. A propos du producteur, il dit l'avoir rencontré deux fois. «Je ne sais pas de quel pays il est mais je sais que ce n'est pas un juif israélien. Mais sa famille est au Proche-Orient», a-t-il déclaré à l'agence Reuters.

Selon le groupe Southern Poverty Law Center, qui combat les extrémismes, Steven Klein est un chrétien lié à des milieux d'extrême droite, qui se présente comme un ancien «Marine». Celui-ci a évoqué une tentative de projeter le film dans un cinéma du sud de la Californie, avec un titre légèrement différent, mais qu'une demi-heure après le début de la projection aucun billet n'avait été vendu.

C.C. avec Reuters
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