Le geocaching, une chasse aux trésors à l'échelle mondiale.
Le geocaching, une chasse aux trésors à l'échelle mondiale. - SUPERSTOCK/SIPA
* Anne Demoulin

Un jeu de piste planétaire pour Indiana Jones en devenir. A l’ère des GPS et d’Internet, la version moderne de la chasse au trésor s’appelle le geocaching. Un loisir, d’abord confiné au milieu des randonneurs et qui se démocratise. Initiation à destination des néophytes, surnommé les «moldus» par les «geocacheurs».

Trouver des «caches»

«Le geocaching consiste à l’aide de coordonnées GPS, disponibles sur les sites de geocaching, à trouver des “caches”», résume Matthieu Arold, président de Geomuche. La «cache» est généralement un petit contenant étanche et résistant comprenant un registre des visites et un ou plusieurs bibelots sans valeur, les «trésors». Il existe plusieurs types de «caches» comme les «mystères» qui nécessitent de résoudre une enigme pour trouver les coordonnées par exemple. Les «caches» sont classés par niveau de 1 à 5, en fonction de leur difficulté et de la praticabilité du terrain pour les atteindre.

«Apparu en 2000 aux Etats-Unis, le geocaching s'est développé en France à partir de 2005. Depuis, ce loisir ne cesse de monter en puissance», estime Matthieu Arold. La fièvre du geocaching est contagieuse, si le nombre exact de geocacheurs est difficile à évaluer, on  recense plus de 99.000 «caches» dans l’Hexagone et pas moins de deux millions de «caches» répertoriées dans 222 pays. Réservé initialement aux randonneurs détenteurs de GPS, il touche désormais un public de plus en plus large: «La généralisation des smartphones et le développement d’applications dédiées gratuites a permis l’arrivée de nouveaux amateurs», constate Bernard Fillaud, président de l’association des geocacheurs de Provence.

Un loisir ludique et convivial

«Le geocaching est un loisir ludique, convivial, qui permet de découvrir des lieux différemment. C'est souvent difficile de faire marcher les enfants, mais quand il s’agit de trouver une “cache”, ils ne rechignent plus», se réjouit Bernard Fillaud. «Le geocaching est un loisir intergénérationnel», confirme Matthieu Arold. En outre, les «geocacheurs» essayent toujours de faire découvrir de jolis lieux, un beau point de vue, lorsqu’il planque leur «cache». En ville, le jeu consiste à ne pas se faire repérer par les «moldus».

Un loisir intéressant aussi pour les professionnels du tourisme. «Le geocaching met en valeur les richesses d’une région. Les offices de tourisme créent de plus en plus de circuits de geocaching payants», relate Bernard Fillaud. Des pratiques qui irritent parfois les puristes: «Le geocaching devient plus urbain et les joueurs plus consommateurs. Dans ces circuits, la règle des 161 m qui doit séparer deux “caches” n’est pas toujours respectée», déplore-t-il. «Les offices du tourisme du Pays du ternois nous soutiennent. Et nous sommes heureux de participer au rayonnement de notre région», estime Matthieu Arold. Dans tous les cas, avec le geocaching, la promenade du dimanche sera plus pimentée!

la petite histoire du geocaching

«Le geocaching est apparu en mai 2000 lorsque le président Clinton a ouvert le système GPS au grand public», rappelle Matthieu Arold, président de GéoMuche, association de geocacheurs du pays du Ternois. Dave Ulmer, un informaticien américain, décide de tester la précision du positionnement du GPS, évalué à un rayon d’environ 20 mètres, en cachant un objet dans les bois, muni d’un un stylo et un carnet.  Il publie les coordonnées  de l’objet via un groupe internet d’utilisateurs de GPS. Trois jours plus tard, deux usagers de cette liste trouvent l’objet. Le geocaching était né.