Défilé haute couture Julien Fournié le 21 janvier 2014 et mannequin en 3D développé par le couturier et le FashionLab.
Défilé haute couture Julien Fournié le 21 janvier 2014 et mannequin en 3D développé par le couturier et le FashionLab. - Pixelformula/Julien Fournié/Fashion Lab
Anne Demoulin

L’alliance de la haute couture et de la haute technologie. Le créateur Julien Fournié a inspiré la réalisation d’un outil de design 3D, capable de restituer le comportement des vêtements ou des matières comme dans la vie réelle, développé au sein du  FashionLab de Dassault Systèmes. Récit d’une expérience.

Capturer l’essence d’un couturier

«Je suis comme une sorte de lapin de laboratoire», plaisante Julien Fournié. «Les ingénieurs avaient besoin de comprendre les métiers et les besoins spécifiques du monde de la mode. Il fallait surtout capter “le coup de main” du couturier. Nous avons donc filmé Julien Fournié afin de capter ses gestes, son “savoir-main”, comme détendre un biais», résume Jerôme Bergeret, directeur du FashionLab.

Dassault Systèmes est un spécialiste des solutions 3D pour l’aviation. Fort de ce savoir-faire, le groupe créé en 2011 le FashionLab, un incubateur qui permet à des créateurs de mode d’expérimenter des solutions issues des nouvelles technologies. «L’ambition du FashionLab est d’accompagner le créateur dans toutes les étapes d’une collection, de la collection à la distribution», explique Jerôme Bergeret. Objectif: inventer les outils les plus intuitifs et ergonomiques possibles. «Le créateur doit retrouver les sensations d’un stylo», estime Julien Fournié.

Du croquis en 2D à la silhouette en 3D

L’équipe d’ingénieurs a ainsi mis au point une solution permettant de passer facilement d’un croquis en 2D à une silhouette en 3D. L’avantage pour le créateur? «En visualisant immédiatement mon modèle en 3D, je peux travailler sur les tombés, les drapés, le placement exact d’une broderie, ou encore calculer mes besoins en matières», énumère Julien Fournié. Une «tissuthèque» complète le dispositif. Libre au créateur de varier les matières pour améliorer son prototype.

FashionLab a aussi développé un showroom vituel pour Julien Fournié. Avantage pour la haute-couture, la cliente, une fois ses mensurations scannées, pourraient visualiser le modèle sur son double virtuel. Dans le prêt-à-porter, «ces solutions pourraient permettre de produire à la demande, de favoriser la production locale, d’optimiser les processus de production et de distribution», se réjouit Jerôme Bergeret. Pour une mode, tout à la fois éphémère et durable.