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Les séries, c'est la vie

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La famille est l'un des thèmes propres aux séries. Même lorsqu'une série ne montre pas réellement une famille, elle montre une famille recréée au sein d'un groupe d'amis («Friends», «How I met Your Mother», «Entourage»). «La télé a toujours eu besoin de représenter cette cellule judéo-chrétienne, très traditionnelle, souligne Pierre Sérisier. Elle le faisait dans les années  50 ou 60 avec «I Love Lucy», et elle le fait encore avec «Modern Family» aujourd’hui. Mais la famille a changé justement, d'où la présence d'un couple homosexuel dans «Modern Family». Les séries s'interrogent sur ce changement, mais c’est essentiel que la télé nous montre un foyer car elle fonctionne par identification». De fait, les personnages de séries deviennent des personnages familiers, de notre quotidien - le temps d'une ou plusieurs saisons, que l'on retrouve régulièrement.Ici, Eric Stonestreet dans «Modern Family»
Les séries, auxquelles tout le monde est devenu accro, racontent, à l'instar du cinéma ou de la littérature, tous les aspects de nos vies et l'évolution de la société. Dans l'ouvrage «Sériscopie» qui vient de paraître chez Ellipses, Pierre Sérisier, Marjolaine Boutet et Joël Bassaget, oscultent tous les thèmes abordés dans ces fictions télé, de la politique à l'homosexualité. Petit tour d'horizon des séries, pour comprendre en creux notre société, avec l'analyse de Pierre Sérisier.Ici, January Jones dans «Mad Men» amc

Les séries, auxquelles tout le monde est devenu accro, racontent, à l'instar du cinéma ou de la littérature, tous les aspects de nos vies et l'évolution de la société. Dans l'ouvrage «Sériscopie» qui vient de paraître chez Ellipses, Pierre Sérisier, Marjolaine Boutet et Joël Bassaget, oscultent tous les thèmes abordés dans ces fictions télé, de la politique à l'homosexualité. Petit tour d'horizon des séries, pour comprendre en creux notre société, avec l'analyse de Pierre Sérisier.

Ici, January Jones dans «Mad Men»

Publié le 12 Décembre 2011
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  • Les séries, auxquelles tout le monde est devenu accro, racontent, à l'instar du cinéma ou de la littérature, tous les aspects de nos vies et l'évolution de la société. Dans l'ouvrage «Sériscopie» qui vient de paraître chez Ellipses, Pierre Sérisier, Marjolaine Boutet et Joël Bassaget, oscultent tous les thèmes abordés dans ces fictions télé, de la politique à l'homosexualité. Petit tour d'horizon des séries, pour comprendre en creux notre société, avec l'analyse de Pierre Sérisier.Ici, January Jones dans «Mad Men»
  • La famille est l'un des thèmes propres aux séries. Même lorsqu'une série ne montre pas réellement une famille, elle montre une famille recréée au sein d'un groupe d'amis («Friends», «How I met Your Mother», «Entourage»). «La télé a toujours eu besoin de représenter cette cellule
judéo-chrétienne, très traditionnelle, souligne Pierre Sérisier. Elle le faisait dans les années  50 ou 60 avec «I Love Lucy», et elle le fait encore avec «Modern Family» aujourd’hui. Mais la famille a changé justement, d'où la présence d'un couple homosexuel dans «Modern Family». Les séries s'interrogent sur ce changement, mais c’est
essentiel que la télé nous montre un foyer car elle fonctionne par identification». De fait, les personnages de séries deviennent des personnages familiers, de notre quotidien - le temps d'une ou plusieurs saisons, que l'on retrouve régulièrement.Ici, Eric Stonestreet dans «Modern Family»
  • La place des femmes dans la société est un grand thème des séries. Qu'il s'agisse de revenir sur leur situation passée pour marquer l'évolution (et voir tout le chemin à parcourir encore) ou d'explorer la situation actuelle (de «Desperate Housewives» à «Damages»), les séries analysent leurs rapports aux hommes et au pouvoir et soulignent les changements d'époque. «Les choses ont commencé à changer avec Chapeau Melon et Bottes de Cuire», lorsque pour la première fois, un héros masculin était associé à une scientifique, plus
intelligente que lui, et qui sait se défendre physiquement, rappelle Pierre Sérisier. Et peu à peu, on a vu disparaître les femmes au foyer effacées ou très traditionnelles. On ne les retrouve que de façon détournée: dans The Good Wife c'est la grand-mère, Jackie, qui l'incarne. Dans United States of Tara c'est l'un des avatars de Tara, qui a une personnalité multiple, et qui est aussi une ado, une vétéran du Viêtnam ou une psy hippie. Dans Mad Men ce sont des femmes d'une autre époque, comme l'épouse de Draper».Ici, Christina Hendricks et Elisabeth Moss dans «Mad Men».
  • «La médecine est omniprésente dans les séries, mais c'est important de voir au-delà des médecins», explique Pierre Sérisier. C'est important de revoir House sans voir le médecin misogyne suprêmement
intelligent, à la Sherlock Holmes. La série montre une personnalisation de
la maladie. Les maladies auxquelles House s’attaque sont des personnages à part
entière. Il se bat contre un personnage invisible qui est de son niveau.
La maladie n'est plus perçue comme un truc qu’on guérit ou non, mais comme un combat à mener. C’est un défi
pour l’Homme, et les séries reflètent ce défi présent dans nos sociétés. La personnification de la maladie vient
des années SIDA - c'est la première maladie qui a presque une identité. Et c'est justement après les années Sida qu'émergent les grandes séries médicales, avec Urgences, en 94.Ici, Hugh Laurie dans «Dr House».
  • «Sur les grands networks, l'homosexualité est un sujet très caricatural», analyse Pierre Sérisier. «Hormi dans «Modern
Family», c’est vraiment grossier, l'homo est forcément un blanc, CSP+… Sur le câble,
c’est très différent. Dans «The Wire», le personnage Omar
Little est une sorte de Robin des Bois urbain, il terrorise le quartier,
mais c’est un personnage très fidèle dans sa relation homosexuelle, loin des clichés des
backrooms. Une série comme «The L World»  a été
très audacieuse en mettant sur le devant de la scène des femmes
homosexuelles», selon Sérisier. «Ces séries du câble sont en
avance sur nos sociétés quant à l'homosexualité.» Ici, Rose Rollins et Leisha Hailey dans «The L World»
  • L'adolescence reste un thème très porteur, selon Pierre Sérisier. «C’est un moyen très fort de
placer des produits. Mais les histoires ne changent pas au fil du
temps, ce sont les séries les plus répétitives»: des engueulades entre copains, des ruptures amoureuses... «Là on l'on voit une certaine évolution, c'est qu'il y a plus d'alcool et de sexe dans «Gossip Girl» que dans «Happy Days». Le discours que la société tient aux adolescents a changé».Ici, Leighton Meester et Michelle Trachtenberg dans «Gossip Girl».
  • Tout un pan de la création de séries est aussi obsédée par les flics.  «Les grands archétypes du polar des années 20, 30, fonctionne
encore. Cette espèce de personnage très américain qui traverse les années, solitaire, apolitique, fait toujours sens. Il n’est pas là pour dicter une morale; il est
hors du temps. Du coup il dure», estime Pierre Sérisier.  Ici Nathan Fillion et Stana Katic dans «Castle»
  • Longtemps, les geeks ont été moqués dans un certain nombres de séries - ce type de personnage a évolué de même que notre rapport à l'autre (et aux objets de geeks).  «Le geek n’est
plus un personnage original, iconoclaste» explique Pierre Sérisier. «Le comportement distant du réel, avec
les réseaux sociaux, on l’a un peu tous. Le geek représentait notre part d’asociabilité. On a désormais admis que parfois on a
du mal à vivre avec les autres. Je pense que c’est plus un personnage
pertinent». Quid de «Big Bang Theory»? C'est une sorte d'ovni selon Sérisier. «Je suis pas sur que le personnage du geek soit en lui-même soit pertinent. Simplement, la série est très très drôle».John Ross Bowie, Brian Thomas Smith, Kevin Sussman dans «The Big Bang Theory».
  • Les séries abordent aussi la question politique. Ou de manière frontale, comme dans A la Maison Blanche, qui raconte Washington de l'intérieur, ou de manière plus détournée, en reflétant le climat du pays. «24 Heures Chrono» dans les années Bush, face à «Homeland» cette année, l'illustrent. Jack Bauer avançait de manière décomplexée dans ses missions, quand Carrie dans Homeland est obsédée par ses erreurs, hésite, est tourmentée. «La guerre en Irak est passée par là, souligne Pierre Sérisier, et une culpabilité ronge le personnage comme dans la fiction qui a suivi la guerre du Vietnam. Le personnage de Clare Danes vit dans la paranoïa». Ici Clare Danes dans «Homeland» et Kiefer Suthurland dans «24 Heures chrono»
  • Les séries fantastiques permettent enfin de «dire des choses qu'on ne pourrait pas dans le registre réaliste» rappelle Pierre Sérisier. Regarder «Walking Dead» c'est un peu comme aller chez votre psy mais sans quitter votre canapé pour aller vous allonger sur le sien. «Les séries fantastiques sont la porte ouverte à toutes les peurs, les angoisses. Elles posent des questions existentielles sur la religion, la place de Dieu, avance le spécialiste. De grandes interrogations sur les rapports sociaux, la résistance au pouvoir sont posées. Mais on est moins dans la démonstration que dans l’interrogation».Ici, «The Walking Dead» 
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