Jean-Luc Hees, le patron de Radio France, lors d'une conférence de presse le 4 septembre 2012.
Jean-Luc Hees, le patron de Radio France, lors d'une conférence de presse le 4 septembre 2012. - MIGUEL MEDINA / AFP

Alice Coffin

Début de conférence de rentrée au studio 105 de la Maison de la Radio, une voix demande d’éteindre les portables «pendant le concert». Au micro, le Président Jean-Luc Hees précise «ce n’est pas un concert ou alors c’est un concert de louanges et de satisfaction». Le ton grande famille de la radio qui s’adore est donné.

Des bisous sur le front

Benoît Bouscarel, journaliste du Mouv’ qui joue les maîtres de cérémonie, qualifie l’introduction de son président d’un flatteur «très,  très bon lancement». Puis les équipes de chaque antenne se succèdent sur la même onde. Patrick Cohen de France Inter estime que «l’équipe» de sa matinale est «parmi ce qui se fait de mieux sur la place de Paris», Philippe Val, DG de l’antenne explique que le journaliste politique Jean-François Aquilli est «un très joli garçon», et qu’il est «fan» de Frédéric Lopez. Ce nouveau venu, raconte, lui,  qu’il a été «très bien accueilli» précisant «on m’a amené des madeleines dans les couloirs et le président m’a fait un bisou sur le front.»

Un RER, René Frydman et Nathalie Dessay et des mandarines

Puis c’est le tour de France Info avec présentation de son nouveau directeur Pierre-Marie Christin, de France Bleu avec explication de texte de ce qu’est un RER. Comprendre un «reporter en résidence», c'est-à-dire un journaliste installé dans une localité pour couvrir l’actualité du coin au plus près. France Culture insiste sur la présentation de «4 nouvelles voix». Oui, en ce qui concerne René Frydman, peut être moins pour Raphaël Enthoven, un habitué de l’antenne, qui, cette année «dialoguera avec une étudiante». Chez France Musique, c’est le terme «nouvelle voix» est lui doublement justifié puisque la cantatrice Nathalie Dessay tiendra désormais une chronique. Fip se distingue avec un happening musical, à coups de trois animatrices chantant la chanson «Prenez mes mandarines» où il est question de «patron qui vous désire». Et la présentation des antennes s’achève avec Le Mouv’ et une petite remarque d’Amaëlle Guitton, seule animatrice d’une tranche complète d’information matinale à la radio, qui précise «pas besoin d’un chromosome Y pour présenter une matinale».  Pour diriger une radio, en revanche, si.  Tous les directeurs d’antenne de Radio France sont des hommes.

Le Jeu des 1000 euros en web documentaire

Outre cette présentation des grilles, la conférence de rentrée a été marquée par la présentation du chantier numérique de Radio France. Joël Ronez, le directeur des nouveaux médias a annoncé l’ouverture d’un nouveau site pour France Inter dans une semaine, pour France Info dans un mois et pour France Bleu d’ici la fin de l’année. Au programme, également, une plateforme musicale courant 2013 ou encore un web documentaire sur le  Jeu des 1.000 euros!

Jean-Luc Hees « ni aveugle, ni sourd, ni complètement crétin »

La session de questions/réponses avec la presse a, elle,  porté entre autres sur l’avenir de Hees à la tête de Radio France face à la volonté du nouveau gouvernement de faire nommer les  dirigeants de l’audiovisuel public par le CSA. «J’ai un mandat qui se termine le 12 mai 2014, comme je ne suis ni aveugle, ni sourd, ni complètement crétin, je constate que le gouvernement réfléchit à un nouveau mode de nomination… Cela ne m’empêche pas de dormir» a-t-il précisé, ajoutant, que c’était un non sujet, sa propre personne n’étant «pas très intéressante sauf pour ma femme et mon chien.» Enfin, en résonnance avec une conférence auto-satisfaite, interrogé sur la volonté de certaines radios privées de changer les méthodes de mesures d’audience radiophonique, il a déclaré «c’est comme ça, ils sont très opportunistes (…) cette préconisation revient quand nos amis ne sont pas très en forme.»