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A.G.

Google et son célèbre Google Actualités étaient dans le viseur de puissantes entreprises de presse allemandes comme Axel Springer et Bertelsmann depuis un moment. A leur demande, un projet de loi a été adopté en conseil des ministres pour obliger tous les moteurs de recherche à rémunérer les sites d’information dont ils indexent les articles. Une loi qui doit encore être approuvée par le Bundestag.

Cette mesure, surnommée «Lex Google» par ses détracteurs car elle prend pour cible la firme de Mountain View en particulier, vise à «protéger les éditeurs de presse sur Internet», a indiqué le gouvernement. Le ministre allemand de la Culture, le chrétien-démocrate Bernd Naumann, a estimé «inacceptable» que des organisations comme Google se servent gratuitement de contenus disponibles sur Internet produits par des journalistes à des fins commerciales.

«C'est un bon jour pour tous les lecteurs, journalistes et éditeurs de presse. Google et les autres moteurs de recherche captent des textes, qui sont le fruit d'un dur travail de recherche et écrits avec professionnalisme, et les postent sur Internet», s'est félicité le quotidien Bild, qui appartient au groupe Axel Springer, dans un éditorial.

Les éditeurs de presse européens attentifs à ce texte

Mais ce nouveau texte est loin de réjouir tout le monde. De son côté, l’opposition critique vivement cette nouvelle loi. Les sociaux-démocrates du SPD et les Verts jugent que cette loi ne sauvera ni les éditeurs de presse en difficulté ni les journalistes qui ne bénéficieront que de commissions insignifiantes, selon eux. L’association Digitale Gesellschaft s’y oppose également: «Si le modèle économique des éditeurs en ligne n’est plus tenable, on ne peut pas décréter une telle subvention du secteur privé vers le secteur privé», estime son porte-parole, Markus Beckedahl, cité par Le Point.  

Quoi qu’il en soit, ce nouveau texte adopté par l’Allemagne est suivi de manière attentive par les éditeurs de presse européens. D’après Le Monde, le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), qui représente les éditeurs des quotidiens nationaux français, est vivement intéressé par cette loi. Le journal indique que le SPQN a invité à Paris ce mois-ci Christoph Keese, responsable des affaires publiques du groupe Axel Springer, qui a défendu la position des éditeurs allemands, pour une rencontre en forme de «partage d'expérience». Le syndicat, qui veut défendre la propriété intellectuelle sur les contenus de presse, aurait déjà transmis deux textes aux cabinets de la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, et à celui de la ministre déléguée aux PME et à l’Innovation, Fleur Pellerin.

Une relation ambiguë entre les sites et Google Actus

Les relations des rédactions en ligne avec le géant américain sont complexes. A lui seul, Google peut générer 20 à 30% du trafic Internet de certains sites d’informations, indique La Tribune. Si l’entreprise rémunère les éditeurs de presse, les rédactions deviendraient de plus en plus dépendantes de Google.