Clarisse Feletin: «L'affaire DSK a permis une prise de conscience»

0 contributions
Publié le 4 septembre 2012.

TELEVISION - France 2 diffuse mardi à 22h40 le documentaire «Sexe, mensonges et harcèlement». Trois questions à sa réalisatrice Clarisse Feletin...

«C’est bon, DSK il peut y aller…» C’est une des nombreuses terribles séquences du documentaire de Clarisse Feletin, Sexe, mensonges, et harcèlement. On y voit Aline Rigaud, victime de Gérard Ducray, apprenant qu’à la demande de cet ex-député, le Conseil constitutionnel abroge la loi sur le harcèlement sexuel. C’est justement grâce à «la prise de conscience suscitée par l’affaire DSK» que Clarisse Feletin explique avoir pu trouver un diffuseur pour cette enquête sur le harcèlement sexuel. Elle y filme le travail de l’AVFT (Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail), fait  témoigner harcelées, harceleurs, médecins et chercheurs décortiquant les mécanismes des agressions et attestant leurs ravages, responsables politiques désinvoltes et sous-informés (les questeurs de l’Assemblée nationale) ou, au contraire impliquées et révoltées (les parlementaires Martine Billard ou Chantal Jouanno).

En quoi l’affaire DSK a-t-elle été un élément déclencheur pour votre documentaire?

Cela faisait huit ans que j’avais rédigé un projet. Mais à l’époque ça n’intéressait personne. Et puis est arrivée l’affaire DSK et là l’opinion publique a pris conscience de ce qui se passait. Beaucoup plus de femmes ont commencé à parler, par exemple à l’AVFT, les sollicitations ont augmenté de 30%.

Vous dites «prise de conscience». Quand on entend un harceleur expliquer dans le documentaire ne pas voir le problème «si une femme ne repousse pas une main, c’est qu’elle accepte que cette main la touche; l’homme propose, la femme dispose», il reste encore beaucoup à faire…

C’est pour ça que j’ai aussi voulu que des chercheuses expliquent ce qui se passe au niveau du cerveau, ce qui fait qu’on perd ses moyens. Il y a un tel décalage entre la réalité, les traumatismes subis par ces femmes et leur image trop fréquente d’affabulatrices.

«On», c’est par exemple des «questeurs», soit des membres éminents de l’Assemblée nationale, qui expliquent que «y’a des gens conviviaux», que «les plaisanteries peuvent être très mal prises» sans mesurer le problème?

Et je vous assure que je n’ai pas choisi les pires des répliques… C’est toute la problématique. Autant l’opinion publique semble avoir pris conscience, autant parmi les décideurs, il y a de vrais blocages. Ils sont dans leur monde, espérons que ce film aidera à leur faire prendre conscience des choses. Il faut surtout qu’un maximum d’hommes regardent. Qu’ils comprennent que le consentement c’est quand on dit oui, pas quand on reste silencieuse.

Recueilli par Alice Coffin
Newsletter
POP

En fin de journée, faites
le tour de l'actu POP : culture, people, médias

publicité
publicité
publicité
Top 5 des vidéos partagées
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr