Interview de Nicolas Demorand, journaliste.
Le 4 septembre, vous prendrez les commandes du «7- » de France Inter. Inquiet ?
Non, impatient ! Présenter les matinales est un plaisir que je pratique depuis 2002 sur France Culture. J'ai essayé de porter un regard décalé sur l'actu, en invitant par exemple des romanciers à la commenter.
Aurez-vous la même liberté sur France Inter ?
Je le pense. D'autant que sur France Culture, les Matinales sont passées de 180 000 à 300 000 auditeurs en quatre ans... France Inter en attire certes dix fois plus, mais ces deux stations sont cousines.
La grille de rentrée de France Inter suscite la polémique...
Il est de bon ton de critiquer le changement, mais personne ne veut priver la station de sa singularité. Son combat pour imposer d'autres voix, d'autres musiques, d'autres invités, est un atout majeur. Résistance au formatage et à la pression de la pub resteront les clés du service public !
A 35 ans, avez-vous été recrutépour draguer les jeunes ?
Je ne crois pas. Mais leur désaffection est réelle. Les enfants de fidèles ne le sont plus forcément. Pourtant, nous avons des armes. La radio est aussi réactive que le Net. Et les nouveaux supports ont besoin de contenus : nous sommes les mieux placés pour les fournir.
Recueilli par Dan Israel