Une maquette reprise à l’identique, une url, opinion-nytimes.com, facile à confondre avec l’originale et une tribune en faveur de Wikileaks signée Bill Keller, l’ex-directeur de la rédaction aujourd’hui chroniqueur. Crédible. Le journaliste du New York Times Nick Bilton n’y voit que du feu et diffuse l’édito à ses 130.000 abonnés… Avant que le quotidien ne signale qu’il s’agit d’un faux. L’identité du pirate, d’abord inconnue, ne tarde pas à apparaître. Du moins à être revendiquée: Wikileaks s’est félicité sur son compte Twitter officiel du piratage «réussi» de la tribune.
Yes. We admit it. WikiLeaks (Assange & co) and our great supporters where behind the successful NYTimes banking blockade hoax on @nytkeller.
— WikiLeaks (@wikileaks) Juillet 29, 2012
95% des revenus coupés
Que reproche Wikileaks au New York Times, qui fut pourtant l’un des premiers à diffuser les documents de la diplomatie américaine révélés par le site en novembre fin 2010? De ne dire mot du «blocus financier» dont le site est victime.
«Depuis le 7 décembre 2010, un blocus financier arbitraire et illégal a été imposé par la Bank of America, VISA, MasterCard, PayPal et Western Union. Cette attaque a bloqué 95% de nos revenus», expliquait déjà Wikileaks sur son site fin 2011.
Les institutions financières refusent en effet de «soutenir une activité légale» en transmettant ces dons à l’organisation. Très fragilisé, et constatant que les médias américains ne dénoncent pas ce blocus, Wikileaks a vraisemblablement décidé de se venger.
Celui dont l’identité a été usurpée, Bill Keller, estime que son «opinion sur Wikileaks est très mal interprétée» et explique «considérer les tentatives de criminaliser la publication des documents de Wikileaks comme une attaque contre le journalisme». Wikileaks rétorque: «Ce qui n’est pas un canular, c’est que WikiLeaks est sous la censure économique illégale par institutions financières américaines et que le NYTimes ne dit rien. Les rats.»
What is not a hoax, is that WikiLeaks is under illegal economic censorship by US financial insitutions and NYTimes says nothing. The rats.
— WikiLeaks (@wikileaks) Juillet 29, 2012
Si l’implication de Wikileaks dans ce faux édito venait à être confirmée, l’organisation de Julian Assange aurait tout de même intérêt à ne pas se mettre la presse à dos. Elle reste un relai indispensable de son action et de ses scoops.