Un quotidien disparaît, un autre est sauvé. Après l’annonce lundi de la liquidation de France Soir, le tribunal de commerce du Havre a fait part ce mardi d’une bien meilleure nouvelle pour la presse, en autorisant la reprise de Paris-Normandie par les journalistes Xavier Ellie et Denis Huertas.
85 emplois supprimés
Anciens directeurs respectifs du Progrès de Lyon et du Dauphiné Libéré, les deux journalistes prévoient la suppression de 85 emplois sur 357 postes. Grâce à cette économie dans la masse salariale, ajoutée à la réduction des frais de structures, les repreneurs espèrent un retour à l'équilibre, sans toucher à l'imprimerie et aux huit éditions.
Le procureur de la République et les administrateurs judiciaires s'étaient prononcés vendredi en faveur de cette offre, tandis que le comité d'entreprise s'était abstenu. «Nous ne voulions pas faire obstacle à cette offre mais ne pouvions pas dire oui à un plan qui prévoit 85 licenciements», a déclaré Véronique Christol, secrétaire Filpac-CGT du comité d'entreprise.
La seule offre en lice
Le périmètre de reprise s'étend à la régie publicitaire et à l'ensemble de la Société normande de presse d'édition et d'impression (SNPEI), filiale du Groupe Hersant Médias (GHM), qui possède Paris-Normandie mais aussi les titres de la Pointe de Caux (Havre Libre, Le Havre Presse et Le Progrès de Fécamp).
La SNPEI a déposé son bilan le 29 février et a été placée ensuite en redressement judiciaire. Elle a été victime de la chute de ses recettes publicitaires et de ses ventes tombées à 76.000 exemplaires par jour en 2011, soit une chute de 26% en cinq ans, selon l'OJD.
L'ancien dirigeant du Républicain Lorrain Jean-Charles Bourdier et le groupe belge Rossel ayant retiré leurs offres de reprise le 5 juin, celle de Xavier Ellie et Denis Huertas était le dernier espoir des 357 salariés du groupe.