Thomas Legrand est aussi chroniqueur pour France Inter et Slate. 
Thomas Legrand est aussi chroniqueur pour France Inter et Slate.  - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

A.L

L’arrivée d’Audrey Pulvar à la direction des Inrockuptibles fait des vagues dans la rédaction. Editorialiste et responsable des pages politiques depuis 2010, Thomas Legrand a préféré abandonner son poste dès qu’il a appris que la journaliste et compagne d’Arnaud Montebourg s’apprêtait à intégrer le journal.

«Je crois qu'il ne peut plus y avoir de traitement crédible de la politique aux Inrocks» a déclaré Thomas Legrand à Télérama, ajoutant qu’il y a «un gros malaise» au service politique.«Je ne crains pas la censure, ni les relectures orientées. Je sais qu'elle me laisserait libre», a précisé l’éditorialiste qui insiste avant tout sur la crédibilité que perd selon lui le journal: «On ne peut plus être lu pour ce qu'on écrit. Tout sera forcément interprété!»

«Le journalisme politique, c'est avant tout une lutte contre la communication politique, un contre-pouvoir non institutionnel. Un journal traitant de politique ne peut pas être dirigé par quelqu'un d'aussi impliqué personnellement dans la vie politique du pays», a-t-il encore expliqué à Télérama.

Un édito «très anti-Montebourg»

Dans le numéro publié ce mercredi, Thomas Legrand signe un éditorial «très anti-Montebourg» (selon ses mots), écrit avant l’arrivée d’Audrey Pulvar au sein de l’hebdomadaire. «C’est un hasard, mais vous voyez bien comment ça va être lu!» déclare-t-il. Le journaliste évoque une enquête récente sur le PS dans le Nord-Pas de Calais, estimant qu’il ne pourrait plus «l’écrire de la même façon».  

Audrey Pulvar a été nommée vendredi 13 juillet directrice générale des Inrockuptibles chargée de l’éditorial aux côtés d’Arnaud Aubron, chargé du développement. Interviewée par l’AFP lundi 16 juillet, la journaliste a déclaré que l’hebdomadaire ne serait ni «une annexe, ni une chambre d'écoute, ni un organe du Parti socialiste».

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