Enregistrements de Merah: Le CSA adresse une mise en garde à TF1

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Publié le 10 juillet 2012.

MÉDIAS - «Sept à Huit» n'a pas suffisamment protégé le téléspectateur, selon les Sages...

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a reçu mardi les dirigeants de TF1 et LCI qui avaient diffusé des enregistrements des négociations entre Mohamed Merah et les policiers du Raid, mais également ceux de BFM-TV et i-Télé qui les avaient repris sur leur antenne. Lors d'une conférence de presse tenue à l'issue de ces entrevues, le Conseil a adressé une mise en garde à TF1.

RMC et Europe 1 bientôt auditionnées

«Il y a un signal derrière notre décision», a justifié le président du CSA, Michel Boyon. «Dans le cadre de l'affaire Merah, on ne sait pas trop ce qui peut être amené à être diffusé par ailleurs», a-t-il expliqué, visant les vidéos qu'aurait prises Merah lors de ses tueries. Cette sanction sert à «rappeler qu'il y a un minimum de précautions à prendre sur certains sujets (...). Derrière le signal, il y a un appel au sens des responsabilités des patrons de chaînes de télévision.» Michel Boyon a par ailleurs expliqué pourquoi seul l'émission «Sept à Huit» avait été sanctionnée, alors que plusieurs chaînes ont été auditionnées, en affirmant que l'émission de TF1 n'avait pas pris de «précautions oratoires» pour protéger le téléspectateur. Selon le CSA, les extraits de le négociation entre Merah et le Raid «arrivaient en pleine figure, sans alerte».

Les Sages de la Tour Mirabeau ont auditionné auparavant Catherine Nayl, directrice de l'information de TF1 et LCI et Nonce Paolini, son Pdg ainsi que les représentants des chaînes d'informations, Hervé Béroud pour BFM-TV et Cécilia Raguenau avec Céline Pigalle (respectivement directrice générale et de la rédaction de i-Télé). Europe 1 et RMC seront auditionnés à leur tour mercredi matin.

Le président du CSA «profondément choqué»

Après la diffusion d'extraits des négociations entre Merah et les policiers d'élite par TF1, le CSA avait demandé aux autres chaînes de ne pas en faire usage. Sur Europe 1, le président du CSA Michel Boyon avait affirmé lundi qu’il avait téléphoné dès dimanche soir, après la diffusion des enregistrements dans l’émission de TF1 «Sept à Huit», «à tous les dirigeants de chaînes de radio et de télévision pour leur demander instamment de ne pas diffuser ces images». Et il avait prévenu: «Si les gens n'écoutent pas ce que nous leur disons, nous allons commencer à étudier ce dossier» pour s’assurer que les chaînes de télévision «respectent les obligations déontologiques prévues par la loi. Et s'il y a matière pour le CSA à intervenir notamment par la voie de sanctions, nous le ferons, sans hésiter».

«Profondément choqué» par la diffusion de ces enregistrements, le président du CSA estime qu’il n’est «pas acceptable qu'on puisse se moquer ainsi de la douleur des familles ou manquer de respect à des personnes qui ont été blessées».

Chargé de la régulation du secteur audiovisuel, le CSA peut relever les manquements des chaînes. Toutefois les éventuelles sanctions qu'il prononce relèvent en général, comme ici, de la simple mise en garde ou mise en demeure, les deux premiers niveaux de sanctions dont il dispose.

Nicolas Bégasse avec AFP
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