Documentaire «Madame la ministre»: «A chaque fois qu'on présente les femmes du gouvernement, c'est platitude du commentaire, remarque sur les fringues, bref c'est ridicule»

9 contributions
Publié le 29 janvier 2014.

TELE - Trois questions à la réalisatrice Michèle Dominici..

Rachida Dati, Dominique Voynet, Michèle Alliot-Marie, Nathalie Kosciusko-Morizet, Corinne Lepage, Marie-Georges Buffet, Elisabeth Guigou parlent politique, «procès en incompétence», sexisme, dans «Madame la ministre» ce soir à 23h05 sur France 3. Chacune a été interviewée pendant une heure et demi.  Le temps pour elles de raconter, d’abord, le moment où elles ont appris qu’elles devenaient ministre. Dominique Voynet  le dit, en larmes, Michèle Alliot-Marie,  de manière plus légère: «J’étais tranquillement dans mon lit, j’étais en train de lire du Bergson et là j’entends Jacques Chirac». De parler des comportements de leurs collègues et de la nécessité de ne rien céder. «Se faire appeler Zoubida, c’est une fois, pas deux»  explique Rachida Dati, se rappelant certains propos de ses collègues au gouvernement avant de préciser: «Tous les lieux de pouvoir au plus haut niveau concentrent tous les conservatismes. Sexistes, racistes, sociaux …» Elles parlent aussi beaucoup des autres, de Ségolène Royal qu’«on a essayé de faire passer pour une Bécassine», souligne Corinne Lepage. Ou d’Edith Cresson et de son discours de politique générale. Sur une des nombreuses images d’archives du documentaire, Michèle Alliot-Marie à qui un journaliste demande de commenter le choix de veste de Cresson, ce jour-là,  répond «Vous voulez qu’on parle de votre cravate?»

 Sept femmes témoignent de leur expérience de ministre. Pourquoi celles-ci?
Je voulais des sensibilités politiques différentes, des parcours divers, Buffet est militante, Lepage vient de la société civile, Alliot-Marie était déjà du milieu avec son père. Et puis je voulais aussi des femmes qui avaient des choses à dire. J’ai pu rencontrer toutes celles que je voulais, même si j’aurais souhaité aussi que figurent Simone Veil, Edith Cresson et Ségolène Royal. Cela n’a pas été possible dont j’ai inséré beaucoup d’archives d’elles et fait réagir les autres à leur parcours.

Qu’avez-vous pensé de ces rencontres?
Ces femmes sont très intelligentes, très intéressantes. Tellement loin de l’image qu’on en a. C’est pour ça que j’ai fait alterner leurs interviews avec des archives. Notamment des compilations des extraits de JT où on présente les femmes des gouvernements. A  chaque fois c’est platitude du commentaire, remarque sur les fringues, bref c’est ridicule. Encore récemment on voit Laurent Delahousse demander à Nathalie Kosciusko-Morizet « Vous aimez les milieux machistes?» Pas terrible comme question hein.

Donc les choses ne changent pas?

Si. Il y a quarante ans les questions sur les vêtements était systématiques, maintenant elles n’ont pas disparu mais elles sont exceptionnelles. Le but était justement de faire un film sur des femmes puissantes, pour montrer que ça bouge, que ça avance. J’attends quand même de voir si le nouveau gouvernement paritaire le demeurera pendant toute la mandature, ce qui serait là aussi une première!

 

Si la vidéo ne marche pas, cliquez

ici

.

Propos recueillis par Alice Coffin
Mots-clés
Newsletter
POP

En fin de journée, faites
le tour de l'actu POP : culture, people, médias

publicité
publicité
publicité

Top 5 des vidéos partagées
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr