Pour les agriculteurs de «L'amour est dans le pré», il y a un prix à payer

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Publié le 2 juillet 2012.

TELEVISION - L'émission de M6 permet de trouver l'amour, mais elle peut aussi être dévastatrice pour la vie des participants...

«L’amour est dans le pré» repart en campagne. La septième saison de l’émission aux 37 personnes en couple, 12 mariages et 24 enfants démarre ce lundi soir à 20h50 sur M6. Les premières images de la nouvelle moisson de tendresse bucolique de M6 ont été présentées à la presse le mois dernier par la chaîne et Freemantle, le producteur. Attention, fécondité amoureuse garantie. Pour cette septième édition, une proposition de mariage a même été formulée dès un séjour à la ferme.

Des participants protégés par les équipes de production

Certaines scènes de speed-dating, rituels des débuts de saison, ont par leurs petits rires gênés, leurs regards et leurs «flashs», pour reprendre l’expression consacrée par les participants, plus à voir avec les grandes comédies sentimentales anglo-saxonnes qu’avec une émission télé. Les onze hommes et trois femmes, ainsi que leurs couples de prétendants ou prétendantes -«dont un apiculteur qui devrait faire le buzz», a osé la présentatrice Karine Le Marchand-, ne devraient donc pas décevoir les six millions de téléspectateurs habituels de la chaîne.

Mais voilà, «il y a un prix à payer», dixit Karine Le Marchand. «Le succès de l’émission, l’intérêt manifesté par la presse et Internet», selon elle, seraient une menace pour les participants. Bibiane Godfroid, la directrice des programmes de M6, a même adressé une supplique aux journalistes, leur demandant le respect pour les agriculteurs: «Ce ne sont pas des candidats de téléréalité, mais des vrais gens qui viennent chercher l’amour. On ne les forme pas pour répondre à des interviews.»

Des nouvelles coupes après le passage télé

Car le passage dans l’émission a des répercussions sur leur vie. Elles peuvent être légères. «Après la diffusion des portraits, il s’écoule plusieurs semaines avant que je retrouve les participants pour qu’ils ouvrent leur courrier, raconte Karine Le Marchand. Eh bien, très souvent, après s’être vus à la télé et lu les commentaires, ils arrivent avec plusieurs kilos en moins!» Philippe, participant de cette saison, a lui décidé de se couper les cheveux «parce qu’il a vu sur Internet que tout le monde [le] comparait à Pierre Bachelet!» Du coup, Karine Le Marchand refuse de donner ses chouchous. «Ils lisent la presse et après, ils sont tristes s’ils ne sont pas dedans!» Des exemples sans grande gravité.

Des vies dérangées

«Mais, poursuit-elle, beaucoup de ces personnes vivent dans une grande solitude. Passer d’’un quotidien où l’on est seul chez soi le dimanche soir à une grande notoriété après la diffusion de l’émission le lundi peut être violent. Ils n’y sont pas préparés.» La production dit pourtant s’y employer. Outre les remarques adressées à la presse lors de la présentation, Virginie Matéo, la productrice, explique «passer du temps à expliquer aux agriculteurs qu’il ne faut pas forcément répondre à toutes les sollicitations des médias, et que mieux vaut passer par l’attaché de presse».

Elle cite le cas d’un participant de cette saison, Thierry, amer après avoir regardé une vidéo tournée par un site Internet dans lequel il n’apparaissait pas à son avantage. Virginie Matéo parle aussi de Sylvie, au casting de l’émission il y a deux ans. «Un magazine avait expliqué en une que son prétendant était un ancien acteur porno. Résultat: elle s’est fait insulter par beaucoup de gens dans son village pendant des semaines et l’a très mal vécu. Les journalistes ont une responsabilité.»

Et la production? Elle affirme justement protéger au maximum ses stars d’un jour et couper tout passage nuisible. «Lorsque certains nous racontent qu’ils pratiquent l’échangisme ou livrent des secrets de famille devant la caméra, on ne le diffuse pas», explique Karine Le Marchand. Les équipes disent surtout se préoccuper de «l’après». «J’ai un ancien qui m’a appelé catastrophé après une saison, raconte Virginie Matéo, parce que neuf de ses vaches étaient mortes. Il avait été débordé par toutes les retombées de l’émission. Je cite cet exemple à tous et toutes pour les mettre en garde.» Ennemi supplémentaire depuis deux, trois, saisons: «Twitter, qui est très violent». M6 ne devrait, toutefois, pas trop se fâcher si le hashtag #adp fait une bonne récolte.

>> Suivrez-vous la septième saison de «L’amour est dans le pré»? Selon vous, cette émission est-elle différente des autres productions de la télé-réalité?

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Alice Coffin
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