Twitter, l'outil incontournable.
Twitter, l'outil incontournable. - A. GELEBART / 20 MINUTES

anne demoulin

Pierre Salviac remercié par RTL. Joseph Tual convoqué le 25 mai par France Télévisions. Tweetclash d'Audrey Pulvar et Jean Quatremer. Dénominateur commun de l'actu de ces journalistes : Twitter. Alors, quelles pratiques possibles pour la profession sur cet espace d'expression ?

Les limites du titre qu'il incarne
« Les rédactions incitent les journalistes à être présent sur Twitter. Généralement, les recommandations sont transmises oralement, rarement fixées par écrit », résume Jean-Marie Charon, sociologue des médias. Première distinction sur Twitter : ceux qui parlent juste boulot et ceux qui racontent tout. La seconde : ceux qui tweettent en cohérence avec leur titre et ceux qui indiquent sur leur profil « mes tweets n'engagent que moi ». « Cela protège, en fait, la rédaction en cas de propos injurieux ou diffamatoires », souligne le chercheur. « S'exprimer sur Twitter, comme sur Facebook, relève de l'espace public, explique Valérie Duez-Ruff, avocate. Comme tout salarié, le journaliste a le droit à la liberté d'expression, cependant, il ne doit pas tomber dans le dénigrement, ni porter préjudice à sa rédaction. » Spécificité de la profession, la loi du 29 juillet 1881 qui fixe le statut du journaliste, introduit un lien de subordination entre ce dernier et son directeur de la publication. Doit-il tweeter en accord avec la ligne éditoriale de sa rédaction ou au contraire, exprimer ses propres opinions ? « Les journalistes américains, auteurs de Warblogs, qui n'ont pas respecté la ligne fixée par leur hiérarchie pour rendre compte de la guerre en Irak, ont été sanctionnés », rappelle Jean-Marie Charon. « Certains journalistes ont manifesté leurs opinions politiques sur Twitter le 6 mai, est-ce un bien ou un mal ? », s'interroge le sociologue. L'avenir de la presse sur Twitter ? « Le développement des doubles comptes, l'un en accord avec la ligne de son titre, l'autre avec ses états d'âme, et la multiplication des journalistes spécialisés en réseaux sociaux », affirme le chercheur. Et de beaux débats au sein des rédactions  !