Jean Imbert, vainqueur de «Top Chef»: «Aujourd'hui c'est des moments fades à côté de ce que j’ai vécu à Top Chef»

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Publié le 10 avril 2012.

INTERVIEW - Le candidat a remporté lundi soir la finale de l'édition 2012 de «Top Chef», face à Norbert et Cyrille. 20Minutes l'a interviewé quelques jours plus tôt...

Chef de son propre restaurant, le parisien de 30 ans s’est montré très combatif tout au long de compétition, divisant les spectateurs sur sa personnalité mais faisant l’unanimité auprès des jurés qui ont fait de lui le vainqueur de Top Chef 2012. 

Comment avez-vous vécu la finale?

Le pire, c’était dans le van avant d’arriver à bord de l’Orient-Express… J’étais comme un boxeur avant de monter sur le ring. J’écoutais du rap à fond dans mes écouteurs, Norbert se bouffait les ongles… Je me suis vraiment mis une pression de dingue. Sur la fin je dormais qu’une à deux heures par nuit. Dans ma chambre d’hôtel, il y avait des livres de cuisine étalés partout par terre, on voyait plus le sol!

Pourquoi avez-vous gagné selon vous ?

Je ne sais pas… J’ai toujours cru en moi. J’avais l’impression d’avoir une bonne étoile. Mais Top chef c’est un concours. Si on refaisait la finale demain, ça pourrait être Cyrille le gagnant. Et Norbert après-demain. Faut être bon le jour J, c’est comme dans un sport.

L’enregistrement des émissions a eu lieu il y a plusieurs mois. Vous avez regardé leurs diffusions les lundi soir?

J’ai regardé un peu pour Norbert, il me fait trop marrer. Mais pas beaucoup, parce que j’ai du mal à me regarder. Je préfère regarder les off, quand on fait les cons dans l’hôtel. Pendant les épreuves je trouve que je dis trop de conneries. Quand je m’énerve, j’aime pas ça…  Je suis pas comme ça dans la vraie vie, mais j’avais une telle pression sur les épaules que je pétais un peu les plombs.

Vous aviez la réputation d’être un féroce compétiteur, vous divisiez le public…

J’assume! Franchement, les commentaires des gens, ça me fait rigoler. Y en a qui m’appellent «Moumoute» à cause de ma coupe de cheveux, ça me fait rire. Beaucoup disent que je suis arrogant parce que j’avais envie de gagner, mais les gens qui ont été adulés dans la France entière, comme Zinedine Zidane, c’est tous des machines de combat! Donc si je trouve que mon plat est bien, bah je le dis. J’ai toujours été honnête, ça on peut pas me le reprocher. Mais à aucun moment j’ai dit «Je suis le meilleur». Les autres candidats peuvent répondre pour moi, Norbert et Cyrille l’ont dit au Grand Journal: je suis pas prétentieux. Je suis celui qui a le plus d’amis parmi les candidats.

Vous restez en contact avec Norbert et Cyrille depuis la finale?

Je les vois tout le temps! J’ai bouffé hier avec Norbert chez Constant, on a fini à 3 heures du mat’ au vin rouge… on est hyper potes. Ca a été vraiment génial pour ça aussi, l’émission.

Votre pire souvenir?

La demi-finale, juste avant la dernière chance, sur le canard: on est exténués, ça fait trois jours qu’on dort pas, on arrive de Nice, on nous dit «Allez prendre dans une douche c’est l’épreuve de la dernière chance dans 45 minutes». On était dans le couloir, on était tous les quatre pâles comme jamais. On avait l’impression d’aller à la guillotine. Là, le gars qui a pas le cœur bien accroché, il tombe. C’est d’une violence inouïe.

Vous avez votre restaurant, L’acajou, dans le 16e. L’émission a fait venir les clients?

On a toujours eu du monde, mais oui il y a des gens qui sont venus à cause de l’émission. Alors oui, on est complet, c’est le bordel, mais j’aimerais pouvoir recevoir tout le monde. Les gens qui viennent, ils ont la même passion que moi pour la cuisine. J’adore mes clients.

Qu’est ce que vous allez faire des 100.000 euros?

Je me suis pas vraiment posé la question. Les 100 000 euros, c’est un parasite dans la tête. Le lendemain de sa victoire on ne demande pas à Rafael Nadal ce qu’il va faire de son million d’euros, on lui demande s’il est heureux. Après, je crache pas du tout dans la soupe, je suis abasourdi devant une telle somme. Quoiqu’il arrive, ma passion c’est la cuisine, donc l’argent ira dans la cuisine. Ca va paraître bizarre de dire ça, mais je suis boulimique, j’ai envie que les clients le ressentent que j’ai gagné, que j’ai investi dans mon restaurant! Mais même si la somme est énorme, une cuisine de palace ça vaut 20 victoires à Top Chef...

Votre but c’est d’avoir trois étoiles?

C’est pas un but, c’est un rêve. Quand on démarre ce métier, on se dit pas je veux avoir trois étoiles. Jean Dujardin, il a jamais rêvé d’un Oscar. Peut-être dans un coin de sa tête, il s’est dit que peut-être un jour ce serait possible mais c’est tout. Les trois étoiles c’est mon Oscar à moi.

Vous savez que vous êtes le vainqueur depuis des mois. Comment vous avez gardé le secret pendant tout ce temps? 

Seuls mes parents et mes frères savent. Jeudi soir, il y avait Jean-François Piège qui mangeait à mon resto. Ma grand-mère était assise à côté de lui, et là il me dit «Alors tu fais quoi lundi, tu fais une fête?» J’ai dû aller lui dire à l’oreille que ma grand-mère était pas au courant. Mais je l’ai pris à la rigolade ce secret, je suis un petit rigolo. Quand j’ai eu mon bac j’ai fait croire à tout le monde que je l’avais pas eu. Pareil pour mon permis. Pour Top Chef, j’ai même fait croire à des potes que j’étais parti en 14e. Pendant les épreuves je ne tenais pas mes amis au courant, j’avais l’impression que ça allait me faire perdre plus d’énergie qu’autre chose. Je préférais vivre dans ma bulle. Mais là les gens m’appellent et me demandent «tu vas gagner, tu vas perdre?» Ils sont hyper stressés pour moi, c’est un truc de malade!

Qu’est ce que Top Chef vous aura appris?

A me transcender. A chaque épreuve, on a l’impression que c’est l’heure la plus importante de notre vie. Quand on est dans son salon avec une langoustine, on a tout le temps de penser à ce qu’on va en faire. A Top Chef, boum, on peut se retrouver d’une minute à l’autre à la porte avec ses valises.

Je suis presque nostalgique et triste que ce soit fini. Là j’aimerais bien qu’on m’appelle et qu’on me dise «Jean, faut que tu passes une épreuve de la dernière chance». Aujourd’hui c’est des moments fades à côté de ce que j’ai vécu à Top Chef. 

Propos recueillis par Annabelle Laurent
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