«The Voice»: Les cordes vocales passent-elle vraiment avant le reste?

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Publié le 6 avril 2012.

MEDIAS - Le télécrochet de TF1 qui cartonne le samedi soir avait fait la promesse que le jury ne jugerait pas les candidats sur leur physique mais uniquement sur leur voix. Un exercice plus difficile qu'il n'y paraît pour les coachs, semble-t-il...

«Vous êtes tous les deux magnifiques. Maintenant j’ai été plus sensible au charme de Pia, j’ai plus aimé ce qu’elle dégageait dans le regard…». Jenifer, l’un des quatre jurés de «The Voice», vient de trahir la promesse de TF1. Samedi dernier, en prononçant cette phrase juste après la prestation d’un duo, Patrick et Pia, qui venait d’interpréter Angie des Rolling Stones, la chanteuse a montré que pour elle le physique comptait sur scène, ou du moins l’attitude. Pourtant, la Une ne cesse de marteler que le principe de l’émission est de juger les candidats uniquement sur leur voix. Ce n’est pas pour rien que le nouveau télécrochet s’appelle «The Voice». Le 17 mars, l’ex-star académicienne avait déjà fait des remarques sur le physique d’un candidat. Après le passage d’un certain Mister John Lewis, Jenifer a fait savoir, en le découvrant sur scène, qu’elle aimait beaucoup sa coupe de cheveux. Florent Pagny avait ensuite ajouté qu’il était fan de la ceinture du jeune homme. On avait dit la voix et rien que la voix, non?

«Quand on entend une voix comme ça, on ne s'attend pas à voir une brindille»

Mais si l’émission ne tient pas sa promesse initiale, ce n’est pas seulement à cause des remarques des quatre coachs que sont Jenifer, Florent Pagny, Garou et Louis Bertignac, qui ont tendance à se lâcher pendant les «prime».  Paradoxalement, le principe même de «The Voice»  conduit inévitablement à s’arrêter, au moins quinze secondes, sur le physique. Tout d’abord, les auditions à l'aveugle, pendant lesquelles les coachs tournent le dos à la scène au moment où le candidat chante, n’ont duré que le temps de quatre épisodes. Depuis deux semaines, les téléspectateurs se retrouvent finalement devant un télécrochet «classique»: les candidats n’ont plus de secrets pour leurs coachs. Et en y regardant de près, même les auditions à l’aveugle posaient problème: en se retournant après une prestation, les quatre jurés ne pouvaient être qu’impatients et curieux à l’idée de mettre un visage sur une voix qui leur avait plu. Découvrir le corps qui va avec. «Quand on entend une voix comme ça, on ne s'attend pas à voir une brindille comme vous», avait ainsi lancé Florent Pagny à un candidat lors du deuxième épisode. 

La société Shine, qui produit l’émission en France, reconnaît que les premiers épisodes du programme jouaient beaucoup sur cet effet de surprise par rapport au physique: «Le moment où le coach se retourne est amusant pour le téléspectateur. C’est un moment très intéressant qu’on a souhaité garder au montage. Le coach peut être surpris en découvrant une femme, alors qu’il entendait une voix d’homme», et vice-versa, a confié Thierry Lachkar, président de Shine France, à 20 Minutes. D’ailleurs, le casting initial comptait plusieurs candidats dont la voix pouvait paraître en décalage avec le physique... Ainsi, les gros plans sur le jury au moment où les fauteuils se retournaient étaient incontournables. Mais s’il reconnaît que «l’attitude et le physique sont des éléments importants lorsqu’on aspire à devenir chanteur», Thierry Lachkar assure: «Le choix de Jenifer, Garou, Louis et Florent est uniquement lié à la voix» tout au long de l’émission.

«L’émission retombe un peu sur terre»

«On dit qu’on prend les meilleures voix, mais il ne faut pas oublier que l’intérêt de ces émissions, c’est de créer des produits. Il est évident que le physique compte», réagit François Jost, sociologue des médias, contacté par 20 Minutes. «L’émission retombe un peu sur terre. On attend des belles voix, mais la logique du spectacle reprend le dessus». Les quatre jurés auraient-ils dû se cantonner aux remarques sur la justesse et le timbre de voix des candidats de «The Voice»? «Par rapport à ce que promettait le programme, on ne devrait pas faire ce genre de commentaires», répond François Jost. Mais l’émission, qui revendique son côté «positif» (comprendre «Bisounours»), risquait sans doute de devenir trop sérieuse, voire ennuyeuse. Un écueil que TF1 voudrait à tout prix éviter.

Anaëlle Grondin
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