Amanullah est un ancien chef de guerre afghan, narcotrafiquant qui souhaite devenir député et qui tente de pénétrer le petit milieu des expats français de Kaboul. Simon Abkarian l’incarne avec brio.
Qu’est-ce qui vous a plus dans le projet de cette comédie, «Kaboul Kitchen»?
L’idée de faire une comédie dans une zone de guerre comme l’Afghanistan. Arriver à parler des Afghans, de la colonisation, de la différence culturelle, ça peut être lourdingue. La comédie permet le recul, et permet de tout dire. Je ne sais pas si l’on peut dire que la série est politiquement incorrecte, parce que je ne sais pas ce qui est politiquement correct ou pas, mais c’est une série assez libre, avec un humour brut de décoffrage. Cela fait du bien.
La culture afghane est aussi une culture que je connais un peu, ce n’est pas trop loin de ma culture arménienne, et ça me plaisait de m’y plonger.
Votre personnage est à la fois caricatural, sanguinaire et attachant. Comment jouer ce contraste?
J’aime bien être précis dans mes intentions pour jouer quelque chose de très tranché, et le contraire la seconde d’après. Jaime bien dessiner avec mon corps, jouer de ma stature, surprendre. Je ne vais pas sur le plateau le matin en me demandant «tiens, comment je vais me surprendre ce matin?», mais j’essaie de risquer des choses, d’être libre tout en respectant le scénario, et cela donne de la chair au personnage. J’espère le retrouver encore, et s’il y a une deuxième saison, il sera encore plus barré.
C’est déjà un personnage haut en couleur.
Oui, les costumes, la carrure, son langage: il est tout le temps à inventer des mots. Et je lui ai trouvé un accent particulier, au fur et à mesure. Je me suis dit qu’il fallait plus travailler sur les décalages grammaticaux, syntaxiques, que purement sur l’accent. J’essaie de me rapprocher d’un accent proche de l’iranien et tantôt du turc, parce qu’il est drôle!
J’ai bien compris le rythme de la comédie, des punchlines… Mais il ne faut pas en faire des caisses, ni aller chercher le rire à tout prix. Je ne veux pas faire tapiner le spectateur. C’est simple de faire pleurer ou rire, avec des violons ou des tartes à la crème. Mais c’est trop facile, il faut avoir le courage de sortir de ça.