Exploratrices en milieu fermé. Très visibles ces derniers mois, lors de manifs violentes contre des pièces de théâtre, les catholiques traditionalistes ont entrouvert leurs portes aux deux réalisatrices de Nos fiançailles ce soir sur Arte, à 23h05.
Les cathos ouvrent leurs cœurs
Chloé Mahieu et Lila Pinell ont tourné pendant un an et demi dans une communauté religieuse de la frange catholique de l'extrême droite. «Il a fallu une grande patience. On est allées à la messe à Saint-Nicolas du Chardonnet, on s'est présentées, on s'est dit curieuses.»
Après des mois sans caméra, après hésitations, puis refus, elles trouvent leurs deux personnages. «On voulait suivre des jeunes dans leur vie quotidienne et amoureuse, parler de leurs convictions par le biais de l'intime.» La vie ordinaire de jeunes gens misogynes, homophobes, royalistes…
Leur travail est même mis en suspens en avril 2010, quand arrive l'affaire des «Infiltrés» (France 2), dont une émission a été tournée en caméra cachée dans une école catholique intégriste. «On n'a pas pu filmer pendant plusieurs mois.» Finalement, le travail reprend, le doc se boucle. «Ces gens sont très prosélytes. Ils n'ont donc pas honte de leurs convictions.»