Image du documentaire «Apocalypse Hitler».
Image du documentaire «Apocalypse Hitler». - CC & C

Alice Coffin

Un documentaire blockbuster pour inspirer à la jeune génération la terreur d'Hitler. C'est ainsi qu'Isabelle Clarke et Daniel Costelle ont conçu la suite d'«Apocalypse», série documentaire qui avait mis en 2009 la Seconde Guerre mondiale en couleurs pour plus de 100 millions de téléspectateurs dans 167 pays. Un immense succès. Un deuxième volet, «Apocalypse Hitler», reprend les procédés, archives inédites et saisissantes mises en couleurs, pour expliquer cette fois «comment Hitler est arrivé au pouvoir» indique Isabelle Clarke.

Dire d'Hitler: «C'est un salopard»

Un succès et des partis pris –commentaires un brin incantatoires et esthétique «plus proche du cinéma que du documentaire», dixit Fabrice Puchault, de l'unité documentaires de France 2, qui valent quelques critiques à l'entreprise. «Certains intégristes du documentaire, note Daniel Costelle, nous reprochent de ne pas rester au noir et blanc.» Pas seulement. Le ton et les mots choisis dans les commentaires des images d'«Apocalypse» tranchent aussi.

«C'est vrai que Daniel veut qu'à la lecture du commentaire, on sente son aversion du nazisme, explique Mathieu Kassovitz, la voix off d'“Apocalypse”. Mais est-ce vraiment un problème de dire d'Adolf Hitler: “C'est un salopard”? Surtout qu'il convient de guider un peu les jeunes téléspectateurs que nous visons. Si un enfant voit ces images de défilés, des drapeaux, tout ce graphisme hitlérien, cela peut l'attirer, cela a été conçu pour!» Fabrice Puchault confirme: «On montre des séquences chocs, tournées par les nazis pour séduire les foules, il faut donc les mettre à distance, et avoir un commentaire suffisamment écrit pour le faire.»

Au-delà de ces justifications, France 2 comme les auteurs assument un caractère «très événementiel», selon les mots de Perrine Fontaine, la directrice des programmes. «Le but est que les gens se disent: ”Tu as vu cela hier”?». Objectif, renouer avec le succès du premier volet, qui avait rassemblé plus de 6,5 millions de spectateurs en moyenne par épisode. «La situation actuelle en Europe, l'époque, n'est pas rassurante et nous espérons que ce film serve d'épouvantail», confirme Daniel Costelle. Dans l'argumentaire du «plus jamais ça», tout est bon à prendre. En particulier, ce film-là.