Géraldine Muhlmann, présentatrice de «C Politique»
Géraldine Muhlmann, présentatrice de «C Politique» - Christophe Fillieule

Propos recueillis par Alice Coffin

Des émissions politiques, il y en a beaucoup avec la campagne présidentielle. Comment vous distinguez-vous? Vous êtes un genre d’anti-petites phrases?
Oh les petites phrases c’est parfois intéressant, il y en avait déjà sur l’agora grecque, ce n’est pas forcément à fuir. Au-delà, la singularité de cette émission c’est le temps d’écoute. Nous interviewons l’invité, en face à  face, pendant 50 minutes, en plus des 20 minutes de reportages. Vous connaissez beaucoup d’autres émissions comme cela ?

Il y a les interviews présidentielles. Vous en pensez quoi d’ailleurs de cet exercice type du journalisme télé politique français ?
J’en pense que les journalistes y sont presque toujours invités chez le Président. Et qu’en conséquence ils se comportent comme des invités. Le Président devrait venir dans les studios, comme tout le monde. De manière générale ce serait pas mal que les interventions médiatiques des politiques, gagnent en simplicité.

Mais n’est-ce pas  important de conserver un décorum ? On dit souvent que journalistes et politiques sont trop proches. C’est votre cas ?
Je ne fais pas de déjeuners, je ne fais pas de pot après l’émission, quand certains essaient d’appeler, en général, je ne les prends pas au téléphone. Je me contente d’un serrement de main avant le maquillage. Pour le reste, ils découvrent mes questions et le reste en plateau. Bernard Pivot ne parlait à personne avant ses émissions. Pourquoi ? Parce que ça fait de la meilleure télé. Il faut privilégier l’instant télévisuel.

Vous interveniez auparavant dans «On refait le monde» sur RTL, pourquoi avoir arrêté?
Christophe Hondelatte souhaite que ses invités mettent leurs tripes sur la table. Expriment des opinions personnelles. C’est très bien mais cela me semblait incompatible avec mes fonctions à «C Politique». Je tiens en revanche une chronique d’analyse le mardi matin sur RTL.