De notre correspondant à Los Angeles
Des gadgets et des stars du porno: ce week-end, Las Vegas était un peu la Mecque pour les geeks. Alors que le Consumer Electronics Show s'achevait au Convention Center, les Adult Video Awards décernaient leurs récompenses samedi soir. Comme l'explique à 20minutes.fr la star Jenna Haze, les AVA sont en quelque sorte «les Oscars du porno».
Oubliez les Jenna Jameson et les Tera Patrick, la nouvelle reine s'appelle Tori Black. A seulement 22 ans, la jeune femme qui co-présentait la cérémonie a été couronnée «artiste féminine de l'année». Il faut dire qu'en seulement quatre ans de carrière, sa filmographie est déjà bien fournie avec des apparitions dans plus de 220 films. Côté hommes, c'est Evan Stone qui décroche la récompense ultime.
«Même si ce n'est que 'meilleure fellation', tout le monde veut gagner sa récompense»
Sur le tapis rouge, les flashs crépitent comme un soir d'avant-première à Hollywood. «C'est à la l'échelle américaine», constate Katsuni, au bras de Manuel Ferrara, l'autre Frenchie de la soirée, sacré en 2010 «acteur de l'année» et qui repart cette fois avec le trophée de la meilleure scène de couple homme-femme.
Dehors, les fans se battent pour avoir une photo ou un autographe de leur star préférée. «Ici, on est à Vegas, tout est admis», poursuit Katsuni. Mais selon elle, «les Etats-Unis ne sont pas spécialement plus ouverts au porno que la France. Allez au Midwest et vous verrez...»
Les stars prennent-elles la cérémonie au sérieux? «Bien sûr», répond Mary Carey, vêtue d'une robe qui ne laisse pas grand chose à l'imagination. «Même si ce n'est que 'meilleure fellation', tout le monde veut gagner sa récompense, ça fait partie du business».
«Tron Jeremy» présent
Des catégories, il y en a plusieurs dizaines. Des classiques (meilleur film pour Speed), aux plus extrêmes (double pénétration, Asa Akira) en passant par quelques nouvelles tendances: les films en 3D (This ain't Avatar), les cougars (Julia Ann) et surtout une pléthore de parodies (Glee, Jersey Shore, The Dark Knight ou The Big Lebowski).
Si la cérémonie reste très premier degré, certains amènent un peu d'air frais, comme la légende Ron Jeremy, reconverti le temps d'un clip en «Tron Jeremy». On n'échappe évidemment pas au segment dénonçant le piratage, qui «fait saigner l'industrie» ou aux larmes de John Stagliano, contre qui le Congrès américain a finalement abandonné les poursuites pour «obscénité».
Même si tous jurent «adorer le sexe» et leur «travail», certains ont besoin de couper le cordon avec le monde du X. «Je ne regarde pas de films pornos», confie à 20minutes.fr Jesse Jane. «Je n'ai pas besoin de ça pour m'exciter, et je connais tout le monde dans le business. Mon imagination me suffit. Et je suis plutôt perverse...»