La société de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF) est en émoi. Une employée a été mise à pied pour avoir espionné les ordinateurs des principaux dirigeants de la holding, qui supervise et coordonne les activités de France 24, TV5 Monde et RFI. Une information que la direction, contactée par 20minutes.fr, n'a pas souhaité commenter, invoquant l'enquête de police en cours.
Notes confidentielles
Et pas n’importe quelle employée puisqu’il s’agit de Candice Marchal, une proche collaboratrice de Christine Ockrent, révèle Lepoint.fr, mercredi.
Son disque dur contenait notamment «les détails de la masse salariale de l'AEF, la copie scannée du passeport d'Alain de Pouzilhac, des notes, classées "confidentiel", de Frank Melloul, le directeur de la stratégie, adressées à Pouzilhac, le contrat de travail de Bruno Tézenas, le directeur des technologies de France 24..., détaille Lepoint.fr. Au total, il s'agit de plus de 2,5 millions de fichiers, dont certains remontent au 19 novembre 2008...»
«C’est une affaire très sérieuse»
«Sa mise à pied nous a été confirmée ce matin (mercredi) en conférence de rédaction, indique une source interne contactée par 20minutes.fr. Son entretien préalable est fixé à vendredi mais cela ne signifie pas que sa culpabilité soit avérée. Nous avons demandé qu’un membre de la direction s’adresse à nous à ce sujet mais nous n’avons pas encore eu de réponse. C’est une affaire très sérieuse.» Et pour cause: elle pourrait remonter jusqu’à Christine Ockrent, la directrice générale déléguée de l'AEF.
Depuis, une plainte a été déposée et la police poursuit son enquête. Du côté de la holding, c’est la crise. Les dirigeants restent muets pour le moment. Quant aux salariés, la lassitude les gagne. «Tout le monde est un peu agacé de voir que France 24 n’est connu en France que pour des choses qui ternissent son image, comme une guerre des chefs, se désole-t-on en interne. Le personnel travaille beaucoup et aimerait plus de reconnaissance professionnelle.»
Cette affaire reflète l’opposition entre Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent, selon l’intersyndicale de RFI. «Pendant que ses chefs se livraient à cette guerre, ces entreprises et leurs salariés ont subi des réformes non pensées et l’absence totale de stratégie. A ce jour, l’AEF n’a toujours pas de cahier des charges, ni de Contrat d’Objectifs et de Moyens», dénonce l’intersyndicale dans un communiqué en déplorant un «état de déliquescence avancée» de l’AEF.