Mise à jour mercredi 11h04: Le documentaire sera reprogrammé le 29 septembre à 21h35 selon Arte, avec quelques modifications visant à éviter toute diffamation. Des visages seront floutés et ce afin «d'assurer de manière plus effective l'anonymat de certains protagonistes du film et d'éviter tout risque de diffamation», selon un communiqué de la chaîne diffusé mercredi. Le documentaire avait été déprogrammé pour cause de pressions sur certains protagonistes, une version démentie par l'une des fixeuses du film.
Sur lefigaro.fr, Nabila Laïb, la fixeuse qui avait mis en contact la réalisatrice de «La Cité du Mâle» avec un certain nombre d’interlocuteurs, dément avoir reçu des menaces. C’est pourtant ce qui avait causé la déprogrammation du documentaire sur les caïds de Vitry-sur-seine et la façon dont y sont traitées les femmes, prévu mardi dernier sur l’antenne d’Arte, selon le producteur Daniel Leconte. «Les fixeurs qui nous avaient présenté les jeunes interviewés nous ont contactés mardi en fin d’après-midi, avait-il expliqué à 20minutes.fr. Ils nous ont dit qu’ils couraient des risques, que leur famille, leur entourage étaient en danger.»
Zéro menace
Sur le site du Figaro, Nabila Laïb, également journaliste collaborant au Point, déclare: «Il y a eu zéro menace, mais un désaccord éditorial. «La Cité du mâle» est un reportage instrumentalisé et bidonné.» Elle raconte les premiers pas sur le terrain et poursuit: «C’était de très longues interviews pour des jeunes qui ne sont pas rôdés aux journalistes. Elle voulait leur faire dire des choses. Elle voulait un jeune qui frappe les filles alors elle lui a posé des questions provocantes comme "Que se passerait-il si tu trouvais ta copine au lit avec un mec ?", alors oui il a répondu qu’il lui mettrait une baffe.» Ayant visionné le documentaire après montage, seulement quelques heures avant la diffusion prévue, la journaliste a été surprise selon elle, et a alors contacté la chaîne franco-allemande pour se plaindre de ce «manque de déontologie». «Arte m’a entendue, je leur ai donné les contacts de familles qui se sont plaintes du comportement de Cathy Sanchez.»
Le site Lefigaro.fr affirme que Nabila Laïb a déposé lundi matin un référé contre Doc en Stock, qui produit l’émission, demandant que le documentaire ne soit pas diffusé. Contacté par 20minutes.fr mardi matin, Doc en Stock n’avait pas encore eu trace de ce référé.
Arte nous rapportait ce même mardi que Nabila Laïb avait bien fait état de menaces, et que c’était là «la raison de la déprogrammation, non pas des désaccords éditoriaux». Selon la chaîne, la journaliste a même envoyé un mot la semaine dernière pour en faire état.