«Le Parisien est évidemment une opportunité extrêmement intéressante car c'est un très grand journal», a affirmé l’homme d’affaires Vincent Bolloré, mercredi.
«C'est une opportunité qui pose un certain nombre de problèmes pour un groupe comme le nôtre qui débute dans les médias», mais «ça ne veut ni dire qu'on va le faire, ni qu'on ne va pas le faire», a-t-il ajouté. Le groupe est notamment présent dans les médias via les journaux gratuits Direct Matin et Direct Soir ainsi qu'à la télévision avec Direct 8 et Direct Star (ex-Virgin 17).
D'autres candidats sont sur les rangs, notamment Fondations Capital, fonds d'investissements qui affirme étudier le dossier.
Les inconnues de l’affaire
Une éventuelle cession du groupe aujourd'hui contrôlé par la famille Amaury est une équation à plusieurs inconnues, la principale tournant autour du prix qui serait retenu.
«Les tarifs pratiqués lors de précédente opérations sur des journaux ou des groupes de presse ne reflètent pas la réalité économique de l'entreprise», estime ainsi Thibaut de Smedt de la banque d'affaire Bryan-Garnier.
Quand on est un fonds d'investissements, «on doit raisonner non pas en multiple du chiffre d'affaires, mais en multiple des bénéfices», explique-t-il à l'AFP.
Avec ce mode de calcul, la valeur du groupe Le Parisien serait donc son bénéfice d'exploitation (10 millions d'euros) multiplié de sept à douze fois, soit de 70 à 120 millions d'euros.
Un yacht, un avion… ou un journal
Mais compte tenu de la faible rentabilité des journaux, la plupart en mauvaise santé financière, une telle opération n'aurait guère d'intérêt pour un fonds qui cherche généralement à investir dans des sociétés à forte rentabilité.
En revanche, le prix que pourrait débourser un groupe industriel comme celui de Vincent Bolloré, a fortiori si des synergies peuvent être envisagées avec d'autres titres du groupe, serait beaucoup plus élevé. Certains observateurs avancent une fourchette de 150 à 200 millions d'euros.
«Quand on pense au prix payé par LVMH pour la reprise des Echos (plus de 400 millions d'euros), on constate que la reprise d'un journal peut relever de «l'achat plaisir», comme s'il s'agissait de s'offrir un yacht ou un avion. Dès lors le prix payé n'a rien à voir avec la valeur strictement économique du journal», relève un banquier d'affaires spécialiste des médias, désireux de rester anonyme.