Les librairies, un nouveau réseau de distribution pour les journaux?

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Publié le 2 juin 2010.

MEDIAS - Dans la lignée de «XXI», «Usbek & Rica», une revue mêlant reportages au long court, portolios et BD, sera lancée jeudi. Et vendue uniquement en librairies...

Une alternative aux kiosques à journaux engorgés par les multiples lancements de nouveaux titres de presse? Jeudi, une nouvelle revue trimestrielle, Usbek & Rica, doit être lancée. Une revue haut de gamme, vendue 15 euros, qui mêle reportages, analyses, portfolios, BD et nouvelles.

Son menu est prolixe: on louvoie entre sujets dédiés à la vie numérique et la prospective («2050, tous immortels?»; l'empire Google), à la géopolitique (comme sur «les Etats-Unis d'Europe»), à la culture. Ses références: la revue XXI avant tout, mais aussi des magazines technos comme Wired, ou feus Transfert et Futur(e)s.

Lancement dans 1.200 librairies

Mais elle a une particularité: elle ne sera pas lancée en kiosques, mais uniquement en librairies. Soit 1.200 points de ventes, «des grandes librairies telles que les Fnac, Virgin, des indépendantes comme la chaîne L'Arbre à lettres, Mollat à Bordeaux, ou encore le Furet du Nord. Ainsi que dans les Maisons de la presse et et les Relais H qui commercialisent des livres», précise à 20minutes.fr Jérôme Ruskin, fondateur et directeur de la publication du journal.

Une brèche entamée par «XXI»

Simple phénomène de mode ou tendance de fond, c'est la revue XXI qui avait entamé la brèche, avec succès: elle écoule en moyenne 45.000 exemplaires de chaque numéro. Usbek et Rica a donc repris le même principe, tout comme la future revue Propos magazine, dont 20minutes.fr révélait le lancement.

La présence en librairies révèle aussi un nouveau genre de magazine hybride, mi-livre, mi-magazine, qui alterne genres littéraires (BD, nouvelles) et journalistiques (reportages, photojournalisme).

Déjà des revues telles que Le Débat, Esprit et Commentaires avaient initié le concept de revues vendues en librairies. Mais clairement intellos, destinées à un lectorat confidentiel. Et sans dimension journalistique.

So chic...

Mais pourquoi un tel choix? Car cela sonne aussi comme un désaveu pour les kiosques, le réseau de distribution par excellence pour tous les titres de presse.

Forcément, c'est plus prestigieux. «Il y a le pouvoir de prescription des libraires, on cible des lecteurs exigeants. Et cela montre que l'on fait le pari de la qualité», assure le jeune fondateur.

Et, mécaniquement, un ouvrage que le lecteur achète en librairie est considéré comme un bel objet, que l'on garde, contrairement au journal acheté en kiosques, plutôt destiné à être jeté.

Et plus rentable?

Pour une économie de coûts? Sûrement pas. Avec un budget global de lancement de 500.000 euros, quelques 40.000 exemplaires seront disponibles dans les librairies. «Cela nous coûte plus cher que si nous nous étions lancés en kiosques, d'autant que les libraires sont exigeants», remarque Jérôme Ruskin.

Mais à moyen terme, les éditeurs de ces journaux d'un nouveau genre devraient s'y retrouver. «On court moins le risque d'avoir beaucoup d'invendus que si l'on était en kiosques. Les libraires sont prudents, et commandent moins d'exemplaires que ce qu'ils pensent vendre», souligne Jérôme Ruskin.

Autre détail technique: la présence des code-barres sur ces revues, qui permet de localiser en temps réel les librairies où elles se vendent bien ou pas.

>> Et vous, que pensez-vous de ce type de lancement? Ca vous semble logique, ou attrayant, d'acheter une revue en librairie, ou déloyal envers les journaux ?



Capucine Cousin
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