Il y a Daniel Pennac, François Bégaudeau, Frédéric Beigbeder, Pierre Arditi. Et puis aussi Lionel Jospin, Marielle de Sarnez ou Martine Aubry. Cent personnalités en tout, de tous les horizons, qui signent, à l'occasion de la succession de Patrick de Carolis à France Télévisions, un manifeste contre la nomination des patrons de l'audiovisuel public par Nicolas Sarkozy. Télérama publie ce manifeste mercredi.
Intitulé «Libérons l'audiovisuel public!», le manifeste stipule: «Un président de France Télévisions nommé par le président de la République, c'est le risque d'un audiovisuel public sous contrôle. Les 100 signataires de notre manifeste dénoncent cette régression».
La publication du texte survient alors que le mandat de Patrick de Carolis arrive à échéance en août. En vertu de la loi ayant réformé l'audiovisuel public de mars 2009, son successeur sera nommé - et pourra être révoqué - par le président de la République, après avis conforme du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et des commissions des affaires culturelles de l'Assemblée nationale et du Sénat.
«Après la régalienne ORTF (...), la loi de 2009 a rétabli non seulement le fait du prince, mais d'inquiétants liens de sujétion entre l'Etat et nos dirigeants de chaînes publiques», estiment-ils, qualifiant de «maquillages hypocrites» les encadrements du CSA et du Parlement. D’anciens présidents du Conseil supérieur se sont d’ailleurs joints au manifeste.
«Il n'est pas jusqu'à la gestion des entreprises audiovisuelles que ce nouveau système ne handicape lourdement. Toute décision d'un patron de chaîne publique nommé par le président risque d'être aussitôt suspectée de soumission au pouvoir, comme c'est le cas actuellement de Jean-Luc Hees à Radio France», poursuivent-ils.