Rien à faire, Siné Hebdo c’est terminé. L'hebdomadaire satirique fondé en septembre 2008 par un ancien caricaturiste de Charlie Hebdo, a annoncé lundi qu'il allait fermer, avec un dernier numéro prévu fin avril, parce qu'il «perd chaque semaine de l'argent», et après avoir «tout tenté».
«Bien que le chiffre des ventes soit resté tout à fait honorable en ces temps de crise économique (37.000 ventes), Siné Hebdo perd chaque semaine de l'argent», explique le journal dans un communiqué.
35 000 euros de pertes par mois
Fondé avec un capital de 2.400 euros et sans publicité, Siné Hebdo perd environ 35.000 euros par mois, a-t-on précisé.
«Tout aura été tenté: impression sur un papier moins cher, réduction des piges acceptée unanimement par les collaborateurs et appel aux dons lancé le 10 mars», ajoute-t-il. «Mais cela ne suffit pas. La décision a donc été prise de fermer le journal. On n'allait tout de même pas risquer qu'un administrateur judiciaire impose sa loi à Siné Hebdo!», poursuit le communiqué.
Encore 4 numéros
Le journal sortira encore quatre numéros. Le dernier, qui paraîtra le 28 avril, «sera l'objet d'un enterrement joyeux lors de la manif du 1er mai où toute l'équipe de Siné Hebdo vendra ce collector en fanfare!», ironise le journal satirique. Siné Hebdo avait été lancé le 10 septembre 2008 par le dessinateur Siné, licencié de Charlie Hebdo après une chronique sur une supposée conversion au judaïsme de Jean Sarkozy.
Siné est directeur de la publication, la rédaction en chef étant assurée par son épouse, Catherine Siné. Le journal, vendu au prix de 2 euros, emploie 10 salariés. Sa création avait été à l'origine de sérieuses dissensions dans le monde des dessinateurs de presse, certains d'entre eux ayant été contraints de choisir leur camp.