Silvio B., la politique servie sur un plateau télé

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Publié le 16 mars 2010.

A la dernière Mostra de Venise, les Italiens n'avaient d'yeux que pour le documentaire d'un... Italo-Suédois. Erik Gandini, réalisateur de 43 ans, né en Italie, montrait dans Videocracy comment la mainmise de Silvio Berlusconi sur la télévision italienne l'a non seulement amené au pouvoir, mais a aussi modifié le comportement de ses concitoyens vis-à-vis des médias. En leur apportant du rêve sur un plateau qui clignote de spots : celui de devenir riche et célèbre par la seule magie d'être passé, un jour, à la télévision. Diffusé ce soir à 23 h 15 sur Canal+, Videocracy retrace l'histoire de cette « révolution culturelle », comme la qualifie lui même Erik Gandini, l'auteur du film.

Petites pépées et paparazzi
« Ce n'est pas le premier documentaire sur le système Berlusconi, concède le patron de l'agence Capa, Hervé Chabalier, qui l'a programmé en juin 2009 dans son Festival européen des 4 écrans. Mais Videocracy montre comment le Premier ministre italien Berlusconi a construit son pouvoir en politique en utilisant les mêmes méthodes et les mêmes personnes que celles qui l'ont aidé à bâtir son empire télévisuel : de jolies filles dénudées et des gens du showbiz sans grande conviction politique. » Sinon une vague nostalgie fasciste comme le prouve l'hymne qui sert de sonnerie au téléphone de Lele Mora, agent influent spécialisé dans le « formatage » des can­didats à la célébrité. Ou l'ardent désir de revanche sociale qui anime Fabrizio Corona, paparazzi récemment con­damné pour avoir tenté de faire chanter le footballeur David Trézéguet à l'aide de photos privées. Deux énergumènes parmi les plus cocasses qui font partie de la garde rapprochée de Berlusconi.
« On a intérêt à regarder attentivement ce qui se passe en Italie, prévient Christine Cauquelin, la directrice des documentaires de Canal+ : la notion d'hyper-président, le mélange des pouvoirs exécutif et médiatique, la télévision comme outil de propagande et rendez-vous du rêve… En France, on n'en est pas là, du fait d'un secteur créatif fort et d'une vigilance plus grande. Mais on est prévenu. »Stéphane Leblanc

Privé de promo Les principales chaînes de télévision italiennes, détenues par Silvio Berlusconi, ont refusé de parler du film. Mais la presse italienne s'en est fait l'écho et le public a pu découvrir Videocracy... au cinéma !
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