Prenez d'un côté quatre trentenaires immatures qui décident de larguer au même moment leurs copines («Les Invincibles», à partir de demain sur Arte). Sans raison, juste pour le plaisir de pouvoir courir à nouveau les jupons. De l'autre, quatre quadras qui ont fait les 400 coups dans les années 1980 et décident de racheter la bastide paternelle de l'un d'eux (Au bonheur des hommes, le 17 mars sur M6). Bref, vous l'aurez compris, en ce début de printemps, le petit écran prend des bouffées de testostérone.
Ce type de fictions ne date pas d'hier. D'Un éléphant, ça trompe énormément à - dans une moindre mesure - «Mes amis, mes amours, mes emmerdes» sur TF1, le petit écran a ponctuellement mis des bandes de potes à l'honneur. M6 a même réalisé sa deuxième meilleure audience de l'année pour un téléfilm français en rediffusant Trois pères à la maison l'année dernière. Mais ce renouveau récent «s'inscrit dans une évolution plus globale, assure Estelle Boutière, de NPA Conseil. Aujourd'hui, la fiction télé française va vers les séries chorales [avec plusieurs personnages principaux], les comédies, les formats feuilletonnants tout en testant de nouvelles thématiques pour rajeunir le public.»
Seulement, mettre en exergue des mâles est-il judicieux quand, selon une étude NPA Conseil de 2009 sur la fiction TV en France, 62% des spectateurs de fictions sont des spectatrices? «A la télé, on a souvent privilégié le point de vue féminin, abonde Stéphane Moatti, producteur d'Au bonheur des hommes, amené à se décliner en feuilleton si l'audience suit. C'est un parti pris. Mais pourquoi les femmes ne s'intéresseraient-elles pas à des univers masculins? Au contraire, elles veulent voir comment les hommes envisagent le couple, l'éducation...»
Quant aux «Invincibles», adaptés d'une série québécoise à succès, si l'intrigue de départ peut révolter la ménagère, «la série n'est absolument pas machiste, s'emporte Brigitte Bémol, comédienne et unique scénariste féminine du programme. Au final, le portrait de ces quatre garçons est assez pathétique. Ils quittent des nanas relativement saines et n'en sortent pas vraiment grandis. C'est plutôt victoire aux filles!» Alors, rassurées?
* «Les Invincibles», demain à 22h05 sur Arte.
* «Au bonheur des hommes», le 17 mars à 20h40 sur M6.