Vous revenez à l'antenne de la station qui vous a fait connaître en 1991. Quels changements ?
J'ai quitté une petite radio locale, foncièrement rock'n'roll dans l'esprit, et je retrouve une grosse station nationale, un peu insipide avec ses émissions préenregistrées ou ses papiers lus à l'antenne... Au début, j'ai refusé : refaire du Skyrock, je n'en avais pas envie. Mais Arthur m'a dit : « Fais ce que tu penses qu'il faut faire. »
A quoi ressemble votre émission ?
C'est une libre antenne qui ne cherche pas à plaire, mais qui prône le débat autour de sujets qui m'intéressent : la peine de mort, la Shoah ou Loana. Certains auditeurs s'amusent, d'autres s'indignent. On en parle. En ce moment, je fais aussi venir des femmes dans le studio, je les dénude et je les couvre de peinture pour en faire des toiles. Un jour, j'en ferai une expo !
Que reprochez-vous aux libres antennes concurrentes ?
Moi, je propose aux auditeurs de passer un moment avec moi. Pas forcément un « bon moment ». Pas comme ces animateurs qui convoquent une équipe autour d'une table pour rigoler de leurs blagues, qui créent des disputes pour être repris au « Zapping » de Canal+, ou qui se croient plus malins que les gosses qui les écoutent. Mes auditeurs ne sont pas des enfants : certains me suivent depuis dix-huit ou dix-neuf ans. De ma génération [il a 45 ans], il n'y a que Difool qui soit encore crédible face à un môme de 15 ans. W
Recueilli par S. L.